Types et rôles des masques
Certains masques servent à la danse et peuvent, selon leur caractère, impressionner, terrifier, faire rire. D’autres peuvent être des portraits d’ancêtres. D’autres sont suspendus au dessus des porches des maisons, à leur proximité ou dans les étables pour protéger le bétail, éloigner la déesse de la foudre.
Les masques d’ancêtre, souvent les plus anciens, qui participaient à des rites funéraires et chamaniques, servent aussi actuellement dans des fêtes liées au calendrier, notamment agraire. En règle générale les masques des collines et moyennes montagnes semblent avoir été utilisés peu souvent chaque année : une ou deux fois par an.
Les masques qui sont utilisés lors de danses ou de pièces mimées font allusion aux traditions et/ou mythes de la tribu ou du village. Ils ponctuent un grand nombre de fêtes saisonnières.
Les masques de bouffons sont les plus répandus. Ils peuvent être utilisés lors d’intermèdes comiques au cours de séances de théâtres religieuses ou de fêtes saisonnières notamment lors des festivités de la nouvelle année. Ils peuvent être utilisés lors de pièces spécifiques qui ont lieu la nuit. Ces masques ont une grande liberté d’exécution avec des figures stylisées aux traits exagérés. Ce côté tribal ou primitif les différencient des masques plus réalistes incarnant des personnages de théâtre ou les divinités lamaïques. Ils servent à détendre l’atmosphère ou encore à faire passer des messages importants de façon dédramatisée. Les bouffons allient rire et obscénité dans un jeu qui mélange souvent le rire et la peur. Le bouffon peut jouer un rôle important lors des séances chamaniques. Les bouffons interviennent à des moments de rupture du calendrier agricole et religieux, à des moments où l’ordre du monde peut être menacé. Les figures du vieux et de la vielle qui se disputent sont très populaires.
Le yogi est un personnage très utilisé dans les fêtes des villageois à caractère religieux saisonnier. C'est à la fois un bouffon et un personnage emprunt d'une sagesse paradoxale. C'est un individu à la fois sujet de moquerie et un personnage redouté. C'est un religieux errant qui a la prétention de vouloir enseigner la voie de l'illumination mais est tourné en dérision par sa maladresse. Mais en même temps ses connaissances laissent supposer un pouvoir magique d'où la crainte qu'il peut inspirer. Les montagnards sont méfiants à l'égard des religieux errants, sont-ils des illusionnistes, des fakirs ou des saints hommes? D'où cette personnalité paradoxale.
L’observation des masques permet parfois de déterminer leur origine ou leur usage. Ainsi, notamment :
*Les masques avec trois attaches pour les cordelettes (au niveau des oreilles et du menton) sont des masques de danse de type tibétain, bhoutanais ou de la région de l’Arunachal Pradesh.
*Les masques possédant deux trous au niveau des oreilles sont des masques qui étaient accrochés dans des maisons, des temples ou servaient à la confection de mannequins rituels.
*Les masques dont l’envers est bordé d’un rouleau de tissu sont réalisés par les Néwar de la vallée de Kathmandou et servait à en rendre le port agréable.
*Les masques dont l’envers est sculpté avec le plus d’adresse sont réalisés par les Monpa et les Sherdukpen (région de l’Arunachal Pradesh).
Parfois il est difficile de connaître la fonction, voire l’origine des masques tant on a peu d’informations à leur sujet.
Le rôle des masques ne se limite pas à l’effet produit sur les spectateurs, ils influent sur la personnalité du danseur, peuvent provoquer la possession ou un effet de transe. Le masque n’est pas uniquement la représentation d’un dieu ou esprit, il est l’incarnation du dieu ou de la force surnaturelle.








