L’art « chamanique » himalayen des trésors méconnus !
L’art himalayen « chamanique » ou « populaire » plus « fort » que l’art africain !
Des moyens « minimalistes » pour un art expressionniste !
Des objets d'art emprunts de mystère et devant lesquels on s'interroge tout en ressentant des émotions
L’art africain a créé un choc pour l’œil occidental entrainant via le cubisme une modification et une simplification des formes. Il faut cependant noter que l’art africain est prévisible. Il existe des canons esthétiques, propres à chaque pièce de chaque ethnie qui font que le sculpteur africain s’exprime dans un cadre imposé apportant des touches personnelles grâce à son talent et sa vision du monde. Un objet pourra être décliné à l’infini avec de subtiles variations. Avec l’art himalayen, rien de tel, pas de modèle. Formes audacieuses et originales, dissymétrie, expressions puissantes et impressionnantes, impact visuel immédiat, presque brutal. L’observation permet d’identifier un raffinement caché dans une rudesse apparente et immédiate. La simplification des formes est souvent supérieure à celles de l’art africain, le minimalisme triomphe, l’épure est poussée à son maximum. Il n’existe pas de modèle imposé, pas de moule, ou si peu. Chaque objet, chaque masque, statue…est un éternel recommencement. Cette économie de moyens, cette originalité perpétuelle laisse la place pour l’imagination, pour le rêve, pour le contemplateur d’une œuvre qui peut faire évoluer son « ressenti » selon ses sentiments du moment. Fixer longtemps du regard une œuvre n’est pas neutre pour le spectateur tant il peut exister d’interactions avec les détails que l’on observe et qui vous interpellent (le regard, une ride, la bouche, un rictus…). Ce côté « pas fini » est à la sculpture ce que peut être le style « Francisco Goya » pour la peinture.
Art de l’Himalaya – Un art bipolaire.
Deux types d’objets d’art, de cultures et d’expressions cohabitent dans cette région, se complètent et s’oppose :
*Ceux produits par les deux grandes religions, bouddhique au nord du Népal et hindouiste au sud. Ces objets sont réalisés selon des canons esthétiques bien identifiés et présentent des similitudes. Le sculpteur a réalisé un apprentissage auprès d’un maître. Les caractéristiques des dieux et héros de ces deux grandes religions sont reproduits fidèlement.
* Ceux relevant d’un art populaire, tribal, chamanique. L’inspiration et la réalisation sont laissées à l’imagination et la créativité du sculpteur. La qualité d’exécution est variable selon le talent du créateur. Les objets reflètent l’inspiration, la fantaisie, la fraicheur d’exécution. Ils sont tous différents et ont souvent un style expressionniste dû aux déformations et exagérations de certains traits caricaturaux qui leurs donnent un caractère inquiétant ou comique. Cet art n’est pas facilement appréhendable, on ne connaît pas d’école stylistique avec des conventions ou codes géographiques qui permettent de classer et répertorier facilement comme en Afrique. Les masques sont susceptibles d’impressionner l’observateur. Ces masques sont réalisés dans une diversité impressionnante de matériaux : bois, tissu, peau animale, poils de yack, chèvres, renards…, fer, cuivre, aluminium, champignon, papier…
Les créateurs des objets « chamaniques » et populaires.
Ce ne sont pas des artistes professionnels mais juste des artisans des villages qui tout en se référant à certaines traditions n’hésitent pas à improviser en toute liberté selon leurs goûts ou leurs rêves. Ce peuvent être aussi des chamans.
Pourquoi l’art himalayen « chamanique » ou « populaire » est-il si peu connu ?
A l’origine quand le Népal s’est ouvert progressivement au monde dans les années 1950, tant les élites hindouistes du pays que les passionnés de culture asiatique se sont surtout intéressés à l’art des religions écrites que sont le bouddhisme lamaïque et l’hindouisme. Comparativement les traditions et croyances populaires orales des paysans, artisans, tribus furent méprisées avec leur cortège de croyances et pratiques superstitieuses. Peu de personnes connaissent l’art himalayen populaire et chamanique : éloignement, contrées peu accessibles, culture et esthétisme différents… C’est un art qui mérite d’être connus et dont nous souhaitons être les ambassadeurs. Osons ce parallèle: l’art himalayen populaire et chamanique est moins connu en 2011 que ne l’était l’art africain en 1900. Parions que dans quelques années les prix s’envoleront.








