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La survie de la culture aborigène

Comment la culture Aborigène promise à la disparition a su survivre et se régénérer.

Le contexte historique de cette évolution se situe suite à une longue période où cours de laquelle les dirigeants australiens ont essayé par divers moyens successifs de faire disparaître totalement la culture aborigène. L’Australie a ainsi été baptisée Terre sans habitants par les anglais quand ils se la sont appropriée au 18ème siècle. Ce fut d’abord, suite à la colonisation, par l’imposition aux Aborigènes d’un système de valeurs étranger et la répression des pratiques des coutumes traditionnelles. Puis par l’assimilation forcée dans las années 1940, dont le prétexte était la réhabilitation et le but réel l’effacement de la culture Aborigène. Enfin les années 1970 virent la fin de la période d’assimilation pour s’orienter vers l’autodétermination.

Cette évolution fondamentale de l’art aborigène prend sa source en 1971 où un jeune professeur d’art, Geoffrey Bardon, est nommé professeur dans la petite communauté de Papunya au centre du désert australien. Geoffrey Bardon propose à quelques vieux Aborigènes de réaliser une peinture pour décorer et égayer un mur de l’école communale. Ce projet devient l’objet d’âpres discussions entre ces anciens car peindre sur un mur d’école donne une toute autre dimension à leur peinture. Il ne s’agit plus de peindre dans le cadre du culte pour les seuls initiés mais cela revient à révéler au monde la force de leurs traditions religieuses et de leur enracinement à la terre. Ils peignent « Le Rêve de la fourmi à miel », « Honey Ant Dreaming », une légende fondamentale du désert central de Papunya.

Cette peinture sur le mur de l’école de Papunya déclenche un vrai séisme et un grand enthousiasme au sein des communautés Aborigènes. Différents peuples installés à Papunya, principalement des Pintupi, se mettent à peindre avec des pinceaux et de l’acrylique sur des petites surfaces des récits légendaires relatifs à leur Pays. L’art devient pour les Aborigènes à la fois un moyen de subsistance mais aussi une façon de revendiquer leur statut, leur intégrité. Une victoire collective sur le néant payée au prix fort.