Art africain : faux et expertise en Afrique noire
Dans les arts premiers, particulièrement dans le domaine de l’art africain où les cotes s’envolent à des nivaux stratosphériques (plus de 20 000, plus de 100 000€…), il existe malheureusement de nombreux faux. Tout est réuni pour que le marché soit inondé de contrefaçons : compréhension complexe, produits à la mode, explosions des prix…
Ainsi, la plus grande prudence s’impose en matière d’achat notamment quand on veut acquérir des œuvres à plus de 3 à 4 000€ et à fortiori à plus. Lisez ce que nous écrivons à ce sujet dans : « Ordres de grandeur de valeurs d’objets d’art africain et conseils ».
Comment distinguer le «vrai» du «faux» en art africain.
Le marché est inondé de faux grossiers vendus sur les puces, brocantes, sites internet peu scrupuleux… Ces objets sont facilement identifiables par tout collectionneur un tant soit peu averti : les formes sont imparfaites, des détails plus ou moins importants sont ratés ou des erreurs ont été commises, la patine n’est pas telle qu’elle devrait être… L’objet manque de finesse mais surtout il lui manque cet ensemble de facteurs qui font dire d’une pièce qu’elle manque de « présence », de « puissance » de ces qualités qui concourent à créer une émotion esthétique chez le collectionneur.
Vous ne trouverez pas ce type de pièce sur art-africain.fr !
Ensuite il existe des « faux » très bien réalisés à tel point que distinguer le « vrai » du « faux » est très difficile et demande énormément d’expérience qui s’acquière avec le temps: visite des musées, de ventes aux enchères, de galeries, discussion avec des experts, lecture de livres, manipulation de nombreuses pièces…
Un « faux » ou un objet non authentique est une pièce réalisée par une ethnie différente de celle qui a créé l’objet à l’origine et/ou qui ne respecte pas les canons esthétiques de l’objet et/ou qui possède une patine artificielle et non d’usage et/ou qui sort de suite de l’atelier d’un faussaire africain qui a plus ou moins grossièrement exécuté l’objet en utilisant des outils modernes…
Notre expertise dans le domaine de l’art africain et notre maîtrise d’internet nous permettent d’acheter et vendre peu cher, et de proposer de belles pièces, uniques et ethnographiquement intéressantes, très compétitives à moins de 1 500€. Beauté, créativité et puissance sont au rendez-vous pour susciter l’émotion chez ceux qui les contemplent.
Ancienneté et valeur en art africain.
Vie et mort des sculptures :
Rappelons d’abord brièvement ce que nous avons écrit dans les chapitres Art & société et Beauté & influence de l’art africain sur l’art moderne
* Le sculpteur n’a pas conscience de réaliser une œuvre d’art. Il fabrique un objet ayant un rôle religieux ou social.
* Une fois que le masque ou la statue a servi, que l’on considère qu’il est moins efficace ou usé, ou si il n’a pas donné satisfaction, il est abandonné dans la nature, après avoir été le cas échéant désacralisé (on retire les substances magiques). Là le climat, les termites…corrodent rapidement l’objet et le font disparaître. Sauf si cela se produit à une époque ou un occidental est intéressé de la récupérer et où il le ramasse ou on lui vend.
* Lors de la colonisation de nombreux objets de culte ont été détruits.
* Les occidentaux, notamment les artistes ont commencé à s’intéresser et à collecter l’art africain en 1905. Ce n’est qu’à partir de 1935 que les élites intellectuelles (littéraires artistiques…) ont considéré l’art africain comme un grand art. Les africains ont commencé à prendre conscience qu’à partir de 1950 que leur art pouvait intéresser face à la demande du marché occidental.
Conclusion : les masques et statues en bois anciens sont rares. Un objet de 1920 est extrêmement vieux. Un objet des années 1950 est vieux.
L’ancienneté est un facteur de valeur évident mais ce n’est pas si simple. Ce n’est pas le seul facteur à prendre en compte lors d’un achat : vous pouvez être en contact avec une pièce « ancienne » réalisée par exemple en 1930 mais qui est fausse car elle a été réalisée pour être vendue et plaire, dans le « goût » des blancs, en ajoutant des détails qui plaisent à la cible commerciale. Il lui sera préféré une pièce authentique, plus récente de 1970, parfaitement respectueuse des traditions, et qui a été utilisée pour le culte.
Une pièce « moderne » peut être plus intéressante si elle a été réalisée par un sculpteur habile, respectueux de la tradition et avoir été utilisée pour un rite animiste récent, voire à connotation touristique, qu’une pièce plus ancienne sculptée malhabilement et longtemps utilisée.
Une pièce ancienne peut avoir de la valeur même si elle n’a pas « dansé » car elle respecte les canons esthétiques traditionnels. Elle aura plus de valeur qu’une pièce plus récente, mal réalisée, qui a pourtant été utilisée pour le culte.
Actuellement encore dans des villages « reculés » d’Afrique il reste possible, en sortant des sentiers battus, de trouver des pièces intéressantes, récemment réalisées et utilisées pour le culte.
Bien sur, il est toujours mieux d’acheter une pièce en bois très ancienne, de 1910 par exemple, qui soit très réussie artistiquement, qui ai été utilisée pour le culte qui lui ai permis d’acquérir une belle patine d’usage. Son ancienneté pouvant être prouvée par un véritable pédigrée (pièce rapportée en 1920 par le médecin x, ayant travaillé dans les colonies, des photos d’époques le montrent avec cette pièce. Cette pièce ayant appartenu à des collectionneurs prestigieux et fait en outre l’objet de multiples publications dans des catalogues d’exposition ou des livres….). Mais cela à un prix, bien sur variable, selon la pièce, de plusieurs dizaines de milliers d’euros à plusieurs millions d’euros ! (cf : par exemple masque Ngil Fang N°193 vendu à 5 millions d’€ lors de la vente de la collection Vérité en juin 2006 – cf : 2,5 millions d’€ pour la statue byeri Fang N°65 de la vente de la collection Pierre Guerre à Drouot en juin 1996…)
Enfin l’âge d’une pièce est difficile à estimer, il dépend de l’état du bois (plus ou moins vieux, érodée selon ses conditions de conservation, des attaques de termites ou usé artificiellement par un faussaire par frottements répétés, usage d’acide…), de la patine (accumulée par des manipulations cultuelles répétées ou simulées par les faussaires), du style de la pièce (comme un bon sculpteur la réalisait autrefois, ou bâclée car réalisé rapidement par un artisan dont ce n’est pas la culture…). D’où le côté indispensable de pouvoir retracer le pédigrée des pièces les plus chères pour conforter ce que l’on pressent. La lecture des catalogues de ventes aux enchères est édifiante à ce niveau.
Il n’existe pas de méthode scientifique pour dater les objets en bois africains. En effet à partir du moment où l’on considère que, à part quelques très rares exceptions, les objets les plus vieux datent du début du XXe siècle, la datation au carbone 14 n’est pas possible. Rappelons que la datation au carbone 14 est opérante pour des pièces vielles de plusieurs centaines d’années (disons 350 ans) à un maximum de 50 000 ans et une datation coûte la bagatelle de 1 000€. Rappel : La thermoluminescence se limite à la datation des céramiques et s’applique à des objets de plus de 100 ans à moins de 1 million d’année.
Ordres de grandeur de valeurs d’objets d’art africain et conseils :
Un masque ou une statue "tardive" pour le spécialiste mais néanmoins réalisée sur place par l'ethnie correspondante et pour des activités tribales mérite un bon millier d'Euros. Il existe des régions reculées d’Afrique où les cultes animistes sont encore pratiqués.
Une œuvre d'art ancienne de bonne facture, d’environ 1950 vaux au moins 3 000 €, voire autour de 5 000€. Un beau masque Yauré qui n’a pas « dansé », n°46, en couverture de catalogue, a été vendu 3 100€ (cf, par exemple: vente Ferri à Drouot du 17/06/2011, avec l’excellent expert Jean Roudillon).
N’espérez pas acheter un objet à moins de 5 000€ dans une grande galerie de Paris, de Bruxelles ou New York… Il est préférable d’acquérir les pièces à partir de 4 à 5 000 € chez un marchand réputé de la profession avec un certificat qui a une certaine valeur parce que ce vendeur qui a « pignon sur rue » engage sa réputation. Le risque que vous achetiez un faux est plus limité que chez un vendeur peu connu. N’achetez pas à 4-5 000 € un objet en vente aux enchères sauf si un expert réputé en art africain apporte sa caution. Une pièce rare et ancienne, objet de convoitises pour les collectionneurs ne se trouve guère à moins de 10 000 Euros et pour les pièces historiques il faut être capable d'avancer plus de 100 000 Euros…
Exemples d’expertises
On l’a vu l’ancienneté, la valeur sont difficiles à apprécier dans le domaine de l’art africain.
Nous pensons que l’endroit ou l’art de l’expertise, l’authentification est réalisée avec le plus de précautions et de précision est sur les catalogues de ventes aux enchères.
En effet il ne s’agit la pas seulement d’un papier à en-tête du marchand connu uniquement par le vendeur et l’acheteur que l’on utilisera qu’en cas de doute sur la valeur de l’objet ou comme base d’estimation pour une éventuelle revente…
Il s’agit la d’une expertise au vu et au su de tout le monde de l’art. Tout un chacun peut feuilleter le catalogue et lire l’authentification en regardant l’éventuelle photo ou en allant consulter les objets lors des moments d’exposition avant la vente. Si par prudence l’expert est avare de qualificatifs, l’objet risque de ne pas se vendre aussi bien qu’il l’aurait pu. Si l’expert est trop élogieux, il risque sa réputation et peut être contredit et pris à partie par ses pairs ou des marchands experts. Nous vous proposons pour votre identification de lire la partie « Expertises non fiables et mauvais experts ».
Voici quelques exemples de descriptions de pièces rédigées par des experts sur des catalogues de ventes aux enchères, suivis de nos commentaires:
*Masque facial « tu bodu » du groupe je (dye). Bois lourd, patine noire luisante, arcades sourcilières yeux et bouche peints d’argile. Le visage aux traits sereins est surmonté de 6 cornes incurvées se rejoignant à leur extrémité. « Barbe » dentelé. Yaoure côte d’Ivoire. Haut 43 cm. Joue droite partiellement rongée avec fente. Prix d’adjudication : 4 100€.
*Statuette. Bois lourd, patine brune à transparence rouge. Position typique des anciennes sculptures Senoufo du début du XXe siècle. Côte d’Ivoire, Senoufo. Haut. 22,5 cm. Prix de vente : 4 000€.
>Commentaires : Deux très beaux objets : lots 49 et 53 de la vente Ferri à Drouot de juin 2011. Pas de date spécifiée. On évoque des patines sans préciser à quoi elles sont dues (usage : soit manipulations par les autochtones ou décorative : soit réalisée par le sculpteur). « Position typique des anciennes sculptures Senoufo du début du XXe siècle » ne signifie pas que la pièce date du début du XXe siècle mais qu’elle est réalisée dans la façon de cette époque. L’expert, pourtant très compétent puisqu’il s’agit de Jean Roudillon, reste prudent dans ses formulations.
*Masque Gunye GE DAN Côte d’Ivoire. Bois à patine brun noir, cheveux, fibres végétales. Hauteur 23 cm. Masque Dan coureur représentant un visage masculin aux traits anguleux. Les lèvres charnues sont disjointes, le philtrum marqué sous un nez fin, les pommettes saillantes. Le regard est signifié par deux yeux circulaires surplombés d’une arcade sourcilière dessinant une accolade, le front haut est bombé. Au menton une barbe postiche faite de cheveux. Perforations d’attache à la périphérie. Prix d’adjudication : 7 000€
>Commentaires : Très beau masque mais comme ci-dessus aucune mention sur l’âge de la pièce, son éventuel usage pour le culte. Ce masque est pourtant le lot N°401 de la vente spectaculaire de la collection Vérité de juin 2006 avec comme experts : Alain de Monbrison et Pierre Amrouche. Deux pointures internationales.
Conclusion : les catalogues de vente aux enchères n’indiquent pas les anciennetés des objets hormis les rares formulations : « Collecté par Monsieur X en année xxxx », « Acheté par Monsieur Y en année yyyy », « Présenté dans l’exposition Z à lieux en année zzzz ».
Acheter sur art-africain.fr, c’est ne prendre aucun risque.
Notre expertise dans le domaine de l’art africain et notre maîtrise d’internet nous permettent d’acheter et vendre peu cher, et de proposer de belles pièces, uniques et ethnographiquement intéressantes, très compétitives à moins de 1 500€. Beauté, créativité et puissance sont au rendez-vous pour susciter l’émotion chez ceux qui les contemplent.
Pour l’art africain nous défions quiconque de proposer des objets, aussi beaux que ceux que nous vendons, moins cher.
Notre politique commerciale orientée vers la fidélisation de notre clientèle, nous poussent à pratiquer des prix très mesurés et de ne pas tomber dans les travers de certains marchands qui authentifient parfois des pièces douteuses qui se revendent alors beaucoup plus cher que leur prix d’achat. Si elles trouvent preneur…
Internet nous permet des politiques commerciales et d’approvisionnement efficaces.
Ainsi par exemple, nous achetons beaucoup de pièces à des vendeurs européens qui nous contactent via notre site internet et des campagnes de publicité ciblées sur le web et nous proposent des pièces pas chères rapportées par un de leur ancêtre.
Nôtre réseau de « rabateurs » et importateurs de qualité, sélectionné patiemment depuis longtemps, nous permet de trouver encore dans des villages « reculés » d’Afrique des pièces intéressantes, parfois récentes, réalisées et utilisées pour le culte.
Bien sûr cela demande plus d’efforts et d’expertise que d’aller s’approvisionner directement dans des ateliers du Cameroun où des sculpteurs débitent à la chaîne, avec des outils modernes, de façon malhabile, à partir de photographies, des objets de toutes les ethnies d’Afrique qui ne sont pas de leur culture. D’où les pièces bâclées qui ne ressemblent à rien et que l’on trouve abondamment dans les brocantes, les puces occidentales, près des aéroports en Afrique ou sur les sites internet de vendeurs peu scrupuleux. Avec un peu d’expérience il n’est pas difficile de les repérer. Ce sont aussi les marchands qui ont le culot de vendre de vulgaires copies d’objets rarissimes et théoriquement à des prix stratosphériques, comme les masques ngil ou les statues des reliquaires byeri des Fang ou encore comme les bronzes du bénin…
Sans fausse modestie, prenez le temps de visiter des musées, de lire des livres… Et vous constaterez que les pièces que nous vendons sont plus belles que la plupart des horreurs qui figurent sur internet et que nous sommes imbattables sur les prix !
Enfin en dernière extrémité, il ne faut pas oublier que des moulages de la RMN (Réunion des Musées Nationaux), immédiatement identifiables en tant que tels, arrivent à se vendre autour de 600€ en résine de plastique et 1 800€ pour du bronze! Alors, tant que l’on reste à des tarifs inférieurs à 1 500-2 000€, on peut acheter une belle pièce bien faite, pour laquelle on a un coup de foudre, sans prendre trop de risque financier.
Notre garantie « Satisfait ou remboursé » de 15 jours vous met à l’abri de toute déception !
Lisez aussi notre article: Qui sommes Nous
Expertises non fiables et mauvais experts.
L’article qui suit publié par l’excellent magazine Le Journal des Arts le 29 février 2008 incite à la plus grande prudence quand il s’agit d’acheter des pièces « chères » ou qui commencent à l’être, soit à partir du seuil de 3 à 5 000€.
Expertise-Tajan : polémique sur la vente d'arts premiers
Le Journal des Arts - n° 276 - 29 février 2008
En intervenant pour empêcher la vente de pièces litigieuses d’arts premiers chez Tajan, plusieurs experts parisiens posent le problème de l’expertise.
PARIS - « C’est une honte pour la maison Tajan », commentait un professionnel venu en observateur le 19 février à l’espace Tajan, à Paris, à l’occasion de la vente d’arts premiers qui s’y tenait. Cette vacation de prestige, préparée avec l’assistance de l’expert Hervé Naudy, devait être, pour la maison de ventes, le coup d’envoi du retour de Tajan dans ce domaine (lire le JdA no 275, 15 février 2008, p. 24). Un scénario qui a tourné au cauchemar. « La consultation du catalogue nous a interloqués », rapportent quatre marchands et experts parisiens (Bernard Dulon, Philippe Ratton, Christine Valluet pour les arts tribaux, et Jacques Blazy pour l’art précolombien) dans une lettre datée du 15 février 2008 et adressée au président du Syndicat national des antiquaires (SNA). Ceux-ci indiquent que de nombreux collectionneurs leur ont demandé leur avis sur l’authenticité des pièces proposées. Ils les ont donc examinées sur place au moment de leur exposition. Dans leur courrier, sur les 326 pièces composant au total la vente, ils en recensent près de quatre-vingts, qu’ils décrivent comme « fausse », « reconstituée », « reconstruite », « copie récente », « copie grossière », « objet touristique », « invention contemporaine » ou « style très tardif », des mentions souvent accompagnées du commentaire « estimation trompeuse » ou « estimation fantaisiste ». « Nous ne pouvons que souligner la gravité de cette situation dans laquelle entre en jeu non seulement la notion d’authenticité, mais aussi la valeur estimée de chaque lot qui doit être conforme au prix du marché et en relation avec la qualité de l’œuvre, concluent-ils…
Lire la suite l’article de Armelle Malvoisin sur le site du Journal des Arts








