Tshokwe , Objet d'art de l'ethnie Tshokwe - Art-africain.fr
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Tshokwe

Les Tshokwe (Chokwe ou encore Tchokwé) ont produit de nombreux masques, parmi lesquels des masques en fibres et des masques en bois.

Dans les masques en bois Tshokwe (Chokwé, Tchokwé) on compte Cihongo, masque masculin symbolisant le pouvoir et la richesse, le masque féminin Pwo de l’ancêtre féminin. Ce sont les masques les plus populaires, emprunts de noblesse, leur présence parmi les villageois a un caractère magique et apportent la prospérité et la fécondité.

Pwo, masque féminin Tshokwe (Chokwé, Tchokwé) est habillé comme une femme pour la danse. L’homme Tshokwe (Chokwé, Tchokwé) qui porte ce masque fait presque sur place des mouvements délicats, gracieux. Par sa danse Pwo apprend aux femmes les belles manières. Pwo par ailleurs possède un caractère versatile.

Cihongo était traditionnellement porté par un chef Tshokwe (Chokwé, Tchokwé)

Les Tshokwe (Chokwe, Tchokwé) vivent dans un vaste territoire du  nord est de l’Angola, et aussi des zones importantes de la République Démocratique du Congo (Kasaï occidental et sud-ouest du Katanga) et de façon plus dispersée au nord-ouest de la Zambie.

La sculpture traditionnelle et ancienne Tshokwe (Chokwe, Tchokwé) est l’une des plus appréciée de l’afrique centrale.

 

Les masques Tshokwe (Chokwe, Tchokwé)

Les Tshokwe (Chokwe, Tchokwé) ont produit de nombreux masques, la plupart d’entre eux sont peints dans les 3 couleurs de base et réalisés avec des fibres végétales, des morceaux de tissus et de papier:

 

Les masques Tshokwe (Chokwe, Tchokwé) en fibre réalisés à base de résine et d’étoffe d’écorce battue, de fibres végétales, de morceaux de tissus, ils avaient en commun d’être recouverts de peintures symboliques apposées selon des figures signifiantes (ex : le disque solaire représenté par un cercle contenant une croix, un croissant pour la lune, des points pour des étoiles…) :

-        Le blanc est lié au soleil et à l’homme, il évoque la force, la vie, la pureté, la vérité et l’innocence. Il est bénéfique.

-        Le rouge est lié à la lune et à la femme, il évoque la faiblesse, l’impureté, le mal, la maladie. Il est négatif.

-        Le noir représente la sorcellerie, la mort et la nuit.

On distingue dans cette catégorie, le masque sacré Cikungu (ce masque est porté par le souverain lors de son intronisation et représente les ancêtres du chef de terre) qui comporte en plus du bleu d’importation et les masques d’initiations des jeunes garçons. Le masque d’initiation le plus important  est Cikunza qui représente un esprit bien faisant, propice à la fécondité et à la chasse.

Autrefois ces masques étaient brulés en fin d’initiation mais cette pratique est tombée en désuétude. Les masques sont conservés actuellement le plus longtemps possibles. Ils sont restaurés, décorés et repeints si nécessaire avant chaque nouvelle utilisation, de telle sorte à ce qu’ils conservent leur efficacité. Par ailleurs, si la structure en branchette souple des masques en fibres n’a guère changée pour les nouveaux masques, le reste a subit des modifications. La toile de fond qui enveloppe le masque n’est plus de l’écorce battue mais de la toile de jute ou de nylon. La nature de l’enduit a aussi changé, la résine végétale noire et durcie a été remplacée par du plastique fondu ou du goudron. Enfin les peintures synthétiques et les bandes de caoutchouc tendent à remplacer les tissus et papiers d’importation rouges ou blancs.

 

Les masques en bois Tshokwe (Chokwe, Tchokwé) parmi lesquels Cihongo, masque masculin symbolisant le pouvoir et la richesse, le masque féminin Pwo de l’ancêtre féminin. Ce sont les masques les plus populaires, emprunts de noblesse, leur présence parmi les villageois a un caractère magique et apportent la prospérité et la fécondité.

Pwo, masque féminin Tshokwe (Chokwe, Tchokwé), est habillé comme une femme pour la danse. L’homme qui porte ce masque fait presque sur place des mouvements délicats, gracieux. Par sa danse Pwo apprend aux femmes les belles manières. Pwo par ailleurs possède un caractère versatile. Dans ses spectacles ouverts à tous, il peut jouer la comédie, faire une satyre des mœurs et de la société. L’aspect de Pwo illustre parfaitement les caractéristiques majeures du style Tshokwe (Chokwe, Tchokwé), notamment par les yeux mi-clos au centre de larges orbites concaves. Mais comme les sculpteurs disent qu’ils s’inspirent des traits de femmes réputées pour leur beauté, les coiffures, les tatouages varient d’un masque à l’autre, chacun étant quasiment un portrait. Pwo peut aussi être le portrait secret d’une bien aimée, comme représenter une ancêtre du porteur du masque. Sur les masques les plus anciens, les marques de scarifications sont toujours représentées, belles et régulières, tout comme les dents taillées en pointes, autrefois symbole de beauté. Des boucles d’oreilles en cuivre sont décorées de pièces de monnaie, de perles d’importation, de rubans…

Cihongo est un masque Tshokwe (Chokwe, Tchokwé) masculin symbolisant la puissance et la richesse. Il était traditionnellement porté par un chef, un fils de chef. Lié à la chefferie, il n’était guère porté lors des rites initiatiques de la circoncision, mais plutôt pour des cérémonies royales. Le réalisme du visage de Cihongo s’efface devant l’accentuation des traits : un menton et une barbe traités sous la forme d’un disque horizontal, de grands yeux qui semblent fermés, un nez fin et pointu qui surplombe une bouche trop large. Au sommet du crâne on peut trouver un bandeau avec quelque cauris.

La plupart des masques Tshokwe (Chokwe, Tchokwé) d’animaux sont en bois. Le plus populaire est celui du cochon qui se singularise par un comportement vulgaire en fort contraste avec les autres masques. Il existe aussi le babouin, le calao, l’oryctérope, une antilope.

Comme les autres objets rituels, les masques Tshokwe (Chokwe, Tchokwé) signifient des rapports entre les esprits et les hommes. Un masque est une force vive et agissante qui est utilisée pour des missions précises : éduquer les jeunes hommes et développer leur virilité, promouvoir la fécondité des femmes, résoudre des problèmes dans le village, assurer la domination masculine… Le masque est un fétiche, chargé de pouvoir et de volonté, qui agit au moment où l’on s’en sert. Ces constatations sont aussi valables pour les autres objets rituels comme les statues. En effet, l’originalité des Tshokwe (Chokwe) réside dans le fait qu’ils décorent tous les objets, qu’ils soient rituels ou de prestige, les meubles de la case du chef inclus. Chaque motif avait un nom et une signification symbolique. Les insignes de dignité qui rentrent dans ce lot sont les pendentifs, les glaives, les chaises, trônes, tabourets, haches et lances.

Les statues et divers objets Tshokwe (Chokwe, Tchokwé)

La statuaire Tshokwe (Chokwe, Chokwé) ancienne compte des statues de chefs et de femmes de chefs. La fonction de toutes ces statues est inconnue maintenant. Les statues de chefs présentent de grands pieds pour symboliser leur qualité de grands marcheurs, de larges mains pour illustrer leur puissance.

La statuaire rituelle associée aux cultes de possession hamba est très développée encore actuellement. Ces figurines sont les plus nombreuses dans les collections. Elles sont principalement dédiées à la fertilité et à la chasse, elles ont une grande variété de style et de formes : abstrait, figuratif, réaliste.

Les sièges ont une symbolique et une fonction qui sont révélatrices de la religion, des structures hiérarchiques des chefferies et du comportement à observer face aux grades des personnes en présence. Ce peuvent être des tabourets faits en une seule pièce de bois, des tabourets à cariatides, des chaises d’inspiration européenne.

Les chaises sont des indices de prééminence et de pouvoir. Le siège du chef est parfois un trône sur une estrade. Les trônes finement sculptés et décorés de la cour sont de vraies œuvres d’art et leur fonction est d’assoir l’autorité de celui qui s’assoit dessus. En théorie chaque chef de village possède un tabouret ou une chaise. Le tabouret ou la chaise peuvent comporter des éléments figuratifs représentant les relations entre le monde des vivants et celui des ancêtres. Les tabourets zoomorphes sont rependus à l’est de l’Angola et au sud Ouest de la République Démocratique du Kongo et représentent un singe, un oiseau, un éléphant, un buffle…

D’autres objets existent et relèvent plutôt des biens de luxe personnels, ce sont les tabatières, les appuie-nuque, les peignes, les sifflets…

Les sculpteurs chez les Tshokwe (Chokwe, Tchokwé)

Les masques en bois et les autres objets d’art sont réalisés par des sculpteurs professionnels. A côte du forgeron qui travaille uniquement le métal, on trouve un spécialiste qui sculpte le bois et qui apprend son métier chez un maître. Parfois, c’est le fils du sculpteur qui succède à son père. Parfois il s’agit d’un homme qui ressent une vocation et va aller en formation chez un maître. Il y avait deux types de sculpteurs :

-        Celui qui fabriquait des figures pour les autels familiaux, des objets pour la chasse, l’amour, la fertilité et la magie.

-        Les artistes attitrés des grandes chefferies qui travaillaient uniquement pour la cour. Une certaine émulation pouvait régner entre eux. Ils étaient célèbres pour leurs grandes statues d’ancêtres déifiés, pleins de force et de dignité. Ils créaient des sceptres, des trônes ornés de figurines, des statues commémoratives de héros chasseurs, des statues de reines mères ou d’épouses de chefs. Leur style montre une énergie contenue, une violence intériorisée, un esprit de décision suggéré par des mains démesurées jointes devant le corps, démonstration éclatante d’un choix d’une proportion symbolique par rapport à une représentation naturaliste. Avec la disparition de la société traditionnelle, ce style d’art n’existe plus.

Le rôle du devin chez les Tshokwe (Chokwe, Tchokwe)

Chez les Tshokwe (Chokwe, Tchokwe), c’est au devin de déterminer la cause du malheur, des maux récurrents et des maladies graves. Le thérapeute mettra en œuvre le traitement curatif déterminé par le devin. Le devin doit élucider les faits du passé et leurs conséquences présentes mais n’a pas à prédire l’avenir. Dans les cas grave il peut être consulté par la famille et les amis du patient. Parfois habitant loin du malade, le devin ne sait rien du patient et ce qui amène son client. Le devin devra donc par des questions avisées découvrir l’ensemble du contexte et se seront ses visiteurs qui l’informeront sans s’en rendre compte en répondant aux questions du devin. En fait les clients vont voir le devin pour s’entendre dire ce qu’ils savent déjà, ce qu’ils pressentent peut être  mais ne savent pas formuler. Ces séances peuvent durer plusieurs heures, voire plusieurs jours.

Le devin place à côté de lui lors de la consultation un panier divinatoire en vannerie, ainsi que de petites statues qui représentent ses esprits protecteurs et un ensemble de hampes de flèches. Chaque flèche correspond à une consultation pour un décès. Le  nombre de flèche étant  ainsi proportionnel à sa réputation. Ayant identifié et nommé les différents ancêtres, esprits de possession, ou sorcier qui ont pu provoquer le mal, le devin précise le comportement à observer, les interdits alimentaires qui devront êtres observés par le client. Cette cure sera mise en œuvre par le thérapeute traditionnel. Les  troubles peuvent provenir d’un ancêtre mécontent qui ne reçoit pas d’offrandes régulières, qui n’est plus invoqué, qui ne voit plus son nom utilisé par sa descendance, qui est insatisfait du comportement entre eux de ses descendants…

Organisation sociale, associations et croyances chez les Tshokwe (Chokwe, Tchokwe)

Les Tshokwe (Chokwe, Tchokwe) sont considérés comme étant d’excellents chasseurs, l’agriculture étant entre les mains des femmes. Ils ne vénèrent aucune divinité liée à l’agriculture, par contre ils ont une société des chasseurs très active et ils honorent des esprits favorisant la chasse.

Ce peuple n’a jamais constitué un état centralisé mais ils ont édifiées de grandes chefferies.

Les Tshokwe (Chokwe, Tchokwe) croyaient en un dieu créateur Kalunga. Ils l’invoquaient dans leurs prières mais ne lui rendaient aucun culte.

L’association masculine mukanda se chargeait de l’initiation des jeunes garçons. Elle comprenait l’enseignement des connaissances accumulées par les ancêtres et la circoncision.

Les jeunes filles suivaient un rituel à la puberté qui consistait en une éducation sexuelle, l’apposition de tatouages, après quoi elles étaient prêtes au mariage.

La société est matrilinéaire.

Les Tshokwe (Chokwe, Tchokwe)  possèdent dans le village un autel où ils accomplissent les rituels les plus importants. Il constituait un lieu de rencontre entre le monde des vivants et des morts. La taille de l’autel était proportionnelle à la taille et l’ancienneté du village et à la stabilité du lignage principal.

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