Songye , Objet d'art de l'ethnie Songye - Art-africain.fr
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Songye

Les Songye ont créé des statues impressionnantes, des masques avec des traits puissants, utilisés par des sociétés secrètes. Les statues Songye sont souvent pourvues d’accessoires et notamment recouvertes de plaques de métal clouté. La très grande étendue du territoire explique des variations stylistiques importantes.

Les statues Songye magiques assurent  le bien être du village. Elles ont une attitude hiératique Il existe de grandes statues Songye cubistes renfermant des substances magiques logées dans l’abdomen ou dans des cornes fixées sur la tête. En règle générale, la statue Songye est debout les mains posées sur un ventre en pointe et le visage regarde droit devant lui. Les visages sont allongés et puissants, le front est arrondi, les yeux sont grands, en amande, avec de lourdes paupières bombées. La bouche ressemble le plus souvent à un 8 couché.

Les masques Songye sont appelés kifwebe. En langue Songye Kifwebe signifie masque. Ce nom a été donné à un masque Songye, couvert de scarifications linéaires incisées,  représentant un esprit. Certains masques Songye sont masculins et sont très impressionnants par leur crête sagittale, d’autres masques Songye sont féminins et ont une plastique moins spectaculaire. Les masques Songye se reconnaissent aussi par les nombreuses lignes parallèles,  parfois polychromées, qui  ornent le visage qui présente les mêmes caractéristiques formelles que les statues.

Les Songye habitent en République Démocratique du Congo (ex Zaïre) dans une zone traversée par le fleuve Lomani et limitée à l’ouest par le fleuve Sankuru. L’agriculture est leur activité principale.

Les statues Songye

Les statues Songye magiques assurent  le bien être du village. Elles ont une attitude hiératique. Les statues Songyé fétiches sont nombreuses et varient en taille de 10 à 130 cm. Généralement masculines, les statues Songye sont debout sur une base circulaire. Il existe de grandes statues Songye cubistes renfermant des substances magiques logées dans l’abdomen ou dans des cornes fixées sur la tête. En règle générale, la statue Songye est debout, possède un torse allongé et a les mains posées sur un ventre en pointe et le visage regarde droit devant lui. Les visages sont allongés et puissants, le front est arrondi, les yeux sont grands, en amande, avec de lourdes paupières bombées. Ils sont le plus souvent demi-clos ou dessinés de cauris incrustés. La bouche peut avoir diverses formes : le plus souvent ressemblant à un 8 couché ou autrement en fente, en forme de croissant ou de haricot. Le menton est carré ou pointu et est très proéminent. Le nez a une forme de triangle ou de losange. Les épaules sont carrées. Au sommet de la tête, une corne et/ou des plumes renforcent l’apparence inquiétante. Les statues songye sont parfois recouvertes de  cuivre ou de laiton, de perles ou de clous afin de renforcer la puissance magique et lutter contre les forces maléfiques et diriger la foudre contre elles.  Ces statues Songye parfois habillées de plumes et de peaux de serpent, avec des colliers de métal et des bracelets portent des sacs magiques contenant des médecines pour renforcer leur pouvoir. Autrement ces statues Songye ont le ventre et le haut de la tête souvent creusés pour contenir des substances magiques. Les féticheurs utilisaient des statues montées sur un socle avec une charge magique accrochée sur la tête avec un clou. Les statues Songye sont liées à la magie blanche. Parfois ces statues sont suspendues à l’intérieur des maisons par des crochets placés sous les bras. Les grands fétiches, dont le rôle était de protéger la communauté étaient placés dans de petites huttes. Les fétiches Songye plus petits étaient réservées à un usage individuel et protégeaient contre les maladies et la mort. Les manipulations des fétiches Songye avaient souvent lieux lors des phases de la nouvelle lune. Le style occidental, influencé par les Luba a des statues présentant les mêmes caractéristiques mais regardant de côté. Les statues de style oriental portent parfois le masque kifwébé. Les statues provenant du sud du territoire Songyé possèdent souvent un long cou annelé.

Différents styles de fétiches Songye peuvent être vus selon les régions géographiques : les statues du nord ont un menton carré. Les statues appartenant au style kibéshi ont un menton pointu.

Les masques Songye ou Kifwebe

Les masques Songye sont appelés kifwebe. En langue Songye Kifwebe signifie masque. Ce nom a été donné à un masque Songye, couvert de scarifications linéaires incisées,  représentant un esprit. La bouche est rectangulaire et un nez allongé est placé entre des yeux globuleux. Certains sont masculins très impressionnants par leur crête centrale, d’autres sont féminins et ont une plastique moins spectaculaire avec notamment une coiffe lisse. Ils se reconnaissent aussi par les nombreuses lignes parallèles,  parfois polychromées, qui  ornent le visage qui présente les mêmes caractéristiques formelles que les statues. Le masque Songye Kifwebe est aussi porté par les Luba mais celui des Songye est plus angulaire et peut avoir des formes différentes. Selon les régions, il est foncé avec des rayures blanches ou l’inverse. Le masque kifwebe des Songye est masculin lorsqu’il porte une crête blanche. Coloré, il danse le jour. A l’opposé, le masque Songye féminin est à dominante blanche et ne possède qu’une petite crête et ses stries sont plus serrées et plus fines.  Le masque Songye Kifwebe représente un univers très important englobant tout ce qui concerne la culture, la nature, le pouvoir. Les masques songye kifwebe sont liés à la magie noire et occupent un rôle très important au niveau du contrôle de la vie politique et sociale. Les masques féminins et masculins apparaissent par paire ou en groupe au cours des fêtes. Durant les initiations, les circoncisions, les funérailles, un danseur entièrement recouvert de fibres végétales fait son apparition. Le porteur du masque masculin Songye Kifwebe adopte une attitude agressive et imprévisible destinée à promouvoir la conformité sociale. Le masque Songye Kifwebe féminin adopte des mouvements plus doux et contrôlés dont le but est de favoriser la fertilité des femmes. Des représentations du masque Kifwebe figurent sur des objets utilisés par la société secrète, notamment les boucliers.

Le porteur du masque Songye Kifwebe est entièrement couvert par une jupe de fibres tressées, il porte une coiffe fabriquée avec un tube, contenant des substances magiques et surmontée de plumes. La position du plumet a une signification : dressé il représente l’esprit masculin, couché il représente l’esprit féminin.

Il existe un masque plus grand que le kifwebe, qui s’appelle le kya ndoshi. Il est très puissant et redouté. Il porte des rayures noires et de couleurs. Le masque son porteur et son costume symbolisent l’arbre cosmique qui relie le ciel à la terre ou le monde souterrain au monde de la surface.

Le sculpteur Songye fabriquait aussi des sièges, des coupes, des mortiers, des tambours, des bâtons de danse, des boucliers et même de petits masques aveugles que l’on accrochait dans la case.

L’histoire des Songye est liée à celle des Luba par le fait qu ils ont des ancêtres communs. Le fondateur de l’empire Luba au 16ème siècle aurait été un Songye nommé Kongolo.

Les Songye sont patrilinéaires et connus pour leurs statues magiques et leurs masques. Un chef  central existait. Sa fonction exigeait qu’il ne montre pas d’émotions fortes, n’ait pas de contacts physiques avec les villageois et ne boive pas en public. Des chefs locaux distribuaient les terres aux villageois. Une puissante société secrète Kifwebe contrebalance leur pouvoir.

Les Songye utilisaient beaucoup de fétiches et d’amulettes qu’ils nommaient boanga, pour obtenir succès, richesse, fécondité et leur permettre d’échapper aux forces hostiles telles que la foudre, les maladies telles que la variole. Le féticheur fabriquait les boanga grâce à des substances magiques qu’ils mélangeaient pour obtenir une pate placée dans une corne sur le toit de la maison. Si le chef de famille s’absentait ils se faisait réaliser une corne remplie de substances magiques qu’il emportait avec lui.

La divination permettait de découvrir les causes d’un malheur. Pour ce faire, le devin, appelé nganga, posait des questions à la personne victime .

En plus des amulettes qui n’ont pas toujours une forme humaine, on trouve chez les Songye de grandes statues appartenant au féticheur qui les manipulait à l’aide de baguettes lors du rituel qui se tenait lors de la pleine lune.

Le sous-style Luba-Songye

Il existe des sculptures stylistiquement proches et intermédiaires entre les Songye et les Luba. La puissance et le cubisme des Songye est adoucit par la finesse du style Luba.

Les Sapo Sapo : un groupe Songye au Kasaï

Un groupe Songye appelé les Sapo Sapo s’est installé au Kasaï au 19ème siècle pour fuir l’islamisation. Leurs sculptures sont proches de celles des Songye avec quelques différences, notamment un réalisme plus développé, une influence Luluwa, la présence sur le front d’un tatouage proche de la croix des Tshokwe. Les Sapo Sapo sont de habiles forgerons et excellent particulièrement dans la fabrication de haches.

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