Punu , Objet d'art de l'ethnie Punu - Art-africain.fr
fermer cette fenêtre


Punu

Les Punu (Pounou) ont produits les masques blancs qui sont célèbres dans tout le Gabon. Matisse et Picasso ont tous deux possédés des masques Punu (Pounou) au début du 20ème siècle et les ont considérés comme les plus beaux fleurons de leur collection.

Les masques Punu (Pounou) du sud du Gabon sont des figurations d’esprits ancestraux et n’ont aucun lien avec les génies de la nature. Ces masques s’exhibent généralement de façon solitaire avec une mise en scène soigneusement préparée. 

Ces masques Punu (Pounou), appelés okuyi, sont des incarnations d’ancêtres hommes ou femmes et apparaissaient notamment au moment des cérémonies de deuils (funérailles, levers de deuil). Ces visages blanchâtres évoquent plutôt bien des masques mortuaires par leur couleur mais aussi par les yeux presque fermés, aux grosses paupières à peine incisés. Les masques Punu (Pounou) okuyi ont pour rôle de relier les vivants aux morts et ont un rôle de captation des forces occultes de ces derniers.

Le masque Punu (Pounou), par ses gesticulations, voire ses acrobaties, doit redonner vie à l’image d’un mort ou de la mort. Le danseur masqué sur ses échasses sort de la brousse à l’aube ou au crépuscule, jamais en pleine lumière. Ces masques Punu (Pounou) n’ont aucun caractère sacré et étant stockés dans un milieu humide ont une durée d’utilisation brève et sont refaits dés qu’ils sont inutilisables.

Quand ces masques Punu (Pounou) sont noirs. L’enduit sombre est fait de graines écrasées mélangées à l’huile de palme. Ces masques ont pu servir de masque d’entrainement pour des danseurs néophytes. Ces masques ont pu être d’anciens masques blancs repeints à l’occasion  d’évènements collectifs malheureux tels qu’une (épidémie, crime, pratique de sorcellerie). Ils ont pu avoir aussi une fonction de justicier et permettre de découvrir les sorciers.

Les Punu habitent dans le sud et le sud ouest du Gabon.

Les masques des Punu (Pounou)

Les masques du sud du Gabon sont des figurations d’esprits ancestraux et n’ont aucun lien avec les génies de la nature. Ces masques Punu (Pounou) s’exhibent généralement de façon solitaire avec une mise en scène soigneusement préparée. Le masque Punu (Pounou), par ses gesticulations, voire acrobaties, doit redonner vie à l’image d’un mort ou de la mort. Le danseur masqué sur ses échasses sort de la brousse à l’aube ou au crépuscule, jamais en pleine lumière. Il est accompagné de quelques hommes qui dansent avec lui et de musiciens qui donnent le rythme. Après son tour dans le village, le danseur masqué repart en forêt où sont cachés les figures de bois et accessoires. Instruments d’incarnation d’un ancêtre spécifique ou de la mort, les masques Punu (Pounou) n’ont aucun caractère sacré et étant stockés dans un milieu humide ont une durée d’utilisation brève et sont refaits dés qu’ils sont inutilisables.

Si les Punu ont choisis une forme de masque hybride, soit réaliste (représentation d’un ancêtre), soit idéale avec des formes normées (représentation de la mort), les autres peuples à masques blancs de la région ont fait un autre choix en réalisant des masques complètement idéalisés, se résumant à des pictogrammes de visages. C’est le cas des Tsogo et surtout des Vuvi. Les traits humains se résument à quelques tracés en relief sur un fond ovale, un triangle pour le nez, un double arc de cercle pour les yeux, des incisions pour la bouche.

Les masques blancs sont célèbres dans tout le Gabon. Matisse et Picasso ont tous deux possédés des masques Punu au début du 20ème siècle et les ont considérés comme les plus beaux fleurons de leur collection. Ils font de 20 cm à 40 cm pour les plus grands. Ces masques Punu (Pounou) sont sculptés en creux pour être maintenus devant le visage du danseur qui peut voir ce qu’il y a autours de lui à travers la fente des yeux. Ce sont strictement des masques faciaux, alors que beaucoup de masques du Gabon sont des masques heaumes. Leur style est plus naturaliste que dans le nord. Ils sont caractérisés par des visages ovales ou triangulaires avec un modelé suave et raffiné, des coiffures à une ou plusieurs coques toujours noire et finement ciselée, un front bombé, des yeux mi-clos étirés en amende avec des orbites légèrement creusés, un nez fin et réaliste avec des ailes toujours soigneusement sculptées. La bouche avec des  lèvres rouges et finement ourlées, les pommettes saillantes, le menton pointu. Certains masques Punu (Pounou) portent des scarifications en losange au nombre de 9 sur le front et les tempes devant les oreilles. Les danseurs sont montés sur des échasses et sont invisibles sous le costume de fibre. Ils tiennent le masque entre leurs dents à l’aide d’une petite baguette de bois fixé au dos du masque. En comparaison de la plupart des autres masques du Gabon, assez expressionnistes, polychrome et anguleux de formes, ces masques Punu (Pounou) blancs du sud du Gabon possèdent une facture avec un certain réalisme, mais qui se révèle très idéalisé quand on regarde bien les détails anatomiques. Le sexe des masques blancs n’est pas clair. Bien que la plupart des informateurs de l’époque aient mentionné une grande majorité de masques féminins et quelques autres masculins, il n’est pas évident de les distinguer de façon formelle.

Lorsque les masques Punu (Pounou) sont blancs, ils participent aux fêtes. Cette couleur blanche est obtenue par l’apposition d’une argile blanchâtre qui est le fard rituel utilisé par tous les peuples du Gabon. Autrefois ce fard, appelé mpemba était aussi constitué de cendres d’os de défunts.

Ces masques Punu (Pounou) blancs apparaissaient lors d’évènements collectifs importants. Le danseur, dont le public ne devait connaître le nom, était recouvert d’un grand costume en raphia (aujourd’hui ce vêtement est fait en coton), c'est-à-dire une grande cape avec une collerette en fibre végétale et des pantalons recouvrant le haut des échasses. Le danseur maintenait le masque devant son visage en serrant entre ses dents un bâton, fixé comme un mort à l’intérieur de l’objet. Souvent par sécurité le masque était aussi retenu par un lien enserrant la tête. Juché sur des échasses fines parfois de 2 à 3 m de haut, le danseur avait dans chaque main des chasse-mouches qu’il agitait de façon menaçante. Enfin il était accompagné par des comparses prêts à intervenir en cas de risque de chute. Le danseur devait à la fois être léger et sportif.

Le nombre des écailles du motif central de beaucoup de ces masques (4, 9 ou 12) est une allusion au nombre de clans primordiaux des Punu-Bayaca. Le chiffre 9 serait en rapport avec les 9 clans d’origines et les 9 routes de la migration. La disposition des écailles en losange serait féminine et celle en carré serait masculine. Sachant que la plupart des masques Punu ont un motif en losange sur le front et deux motifs en carré sur les tempes, cela signifie peut-être que les masques sont androgynes.

 Quand ces masques Punu (Pounou) sont noirs. L’enduit sombre est fait de graines écrasées mélangées à l’huile de palme. Ces masques ont pu servir de masque d’entrainement pour des danseurs néophytes. Ces masques ont pu être d’anciens masques blancs repeints à l’occasion  d’évènements collectifs malheureux tels qu’une (épidémie, crime, pratique de sorcellerie). Ils ont pu avoir aussi une fonction de justicier et permettre de découvrir les sorciers. Ils utilisent des échasses courtes d’environ 1 mètre. Les masques noirs sont beaucoup plus rares dans les collections que les blancs, peut être à cause de leur caractère maléfique qui a pu faire hésiter les villageois de les montrer aux européens.

Les statuettes sont peu nombreuses et ont une attitude un peu raide et des tatouages sur la figure.

Organisation sociale et histoire des Punu

Ils font partie de la quarantaine d’ethnies du Gabon qui ont des institutions similaires avec une vie quotidienne impactée par un milieu physique hostile. Sans organisation politique centralisée, la vie sociale se concentre dans les villages et les clans. Ils rendent un culte aux ancêtres et aux génies protecteurs et des confréries initiatiques à but thérapeutique et judiciaire règlent la vie sociale. Ces groupes ont des statues et des masques qui apparaissent lors des rituels funéraires, les cérémonies d’initiation et les rites magiques dont la fonction principale est de démasquer les sorciers.

Les Punu sont matrilinéaire et patrilocale. Si le père d’une famille décède, les enfants vont habiter chez le frère de la mer (l’oncle). La descendance se transmet par la femme. Ils représentent l’ethnie la plus importante du sud du Gabon.

Le terme Punu signifierait aussi bien « guerrier valeureux » que « bandit de grand chemin, meurtrier ». Ils seraient une fraction dissidente des Bjag ou Bayaca signifiant « guerrier », « sauvage », « tueur » qui aurait été en lutte contre le royaume du Kongo, devenu chrétien en 1491 et contre les soldats portugais intervenus suite à la prise de la capitale du Kongo nommée San Salvador en 1569 par les Bayaca.

La place des femmes chez les Punu

Les femmes Punu ont depuis toujours été réputées pour leur beauté, elles attachaient une grande importance à leur coiffure. Les bijoux, boucles d’oreilles, colliers et bracelets aux bras et aux jambes font partie des éléments de leur coquetterie. Les femmes Punu étaient très recherchées pour le mariage et étaient  l’objet de nombreux enlèvements. Dans le passé elles ont aussi été vendues, échangées, prêtées, louées, volées et ont été la cause de procès, inimités et guerres.

Aujourd’hui,  comme autrefois, la femme Punu s’occupe des cultures. Elles plantent, sarclent et récoltent alors que les hommes défrichent. Autrefois les femmes Punu étaient des potières réputées, elles continuent par contre à pratiquer la vannerie.

Les femmes étaient et sont toujours regroupées dans des associations et subissent des rites d’initiation comportant des épreuves physiques et douloureuses.

Croyances religieuses et rites des Punu

Les Punu, comme les autres peuples du sud du Gabon, ont toujours eu des croyances sacrées qui légitimaient le pouvoir des chefs, déterminaient les rapports entre clans et commandaient tous les gestes de l’existence. Ils croient dans l’immortalité de l’âme, à une vie dans l’au-  delà. Ils reconnaissent aussi l’existence d’un dieu suprême inaccessible et incompréhensible auquel on ne rend pas de culte.

Les gabonais étaient autrefois en proie à une crainte permanente des maléfices. La mort, la maladie, n’étaient pas naturelles, elles étaient censées avoir été provoquées par autrui. Certains esprits des morts étaient vus comme étant bénéfiques, on les honorait avec dévotion lors du culte des ancêtres. D’autres esprits étaient maléfiques et rendaient la vie insupportable et l’on devait apaiser ces puissances maléfiques par des rites pour retrouver la santé. En cas de guerre, il fallait se préparer par des rites pratiqués par un prêtre appelé nganga. Ces nganga étaient toujours des gens âgés reconnus pour leur connaissance des phénomènes surnaturels. Ces notables, considérés comme des sorciers, féticheurs étaient maîtres des forces occultes. Les nganga guérissaient les maladies en éloignant les mauvais esprits et protégeaient ceux qui faisaient appel à lui en leur fournissant des talismans ou fétiches appropriés en échange d’argent ou de biens en nature.

L’ensemble des gabonais, tant aujourd’hui qu’autrefois, sont très soucieux de leurs rapports aux ancêtres. Les ancêtres étaient honorés partout selon des rites comparables. Les défunts négligés pouvaient devenir rancuniers. Les Punu et autres Shira, Mpongwe, Nkomi, Tsogo avaient comme coutume de conserver des reliques humaines (fragments de crânes, d’os longs, de phalanges) dans des paniers de vannerie ou de simples paquets de cuir, de feuilles. Ces paniers étaient le plus souvent surmontés de figurines en bois sculptées et peintes dont la base du torse était fichée profondément dans le paquet-reliquaire en contact avec les os et ficelée. Seuls les chefs de famille et les grands initiés pouvaient manipuler ses reliques sacrées sans danger, leur offrir des libations ou les asperger de sang d’animaux sacrifiés.

Les sociétés secrètes, les danses et les masques chez les Punu

Les sociétés secrètes jouent un rôle important dans la vie politique et sociale des Punu. Les chefs de clan, de lignage, de villages avaient de forts pouvoirs pour réguler les comportements mais il fallait parfois pour combattre des désordres, abus, déviances des moyens plus collectifs, sévères et expéditifs rendus possibles par les sociétés secrètes telles que le mwiri et le bwiti. Chaque confrérie a des danses spécifiques, parfois des masques mais pas toujours.

Le mwiri (ce mot signifie : diriger) rassemblait autrefois tous les hommes des villages Punu : c’est le symbole de la force, de la puissance, de la virilité et aussi de la vérité. Il était très craint surtout des femmes qui étaient tuées quand elles tentaient d’en percer le secret. Le mwiri est un génie aquatique, un saurien géant. On retrouve d’ailleurs un motif à écailles de saurien en tant que scarification sur les tempes et front de nombreux masques blancs notamment Punu. Chaque village avait un autel dédié au mwiri.

Le mwiri pratique plusieurs danses, la plus populaire est celle de l’okuyi. Dans cette danse, les masques blancs sont utilisés notamment au moment des deuils (funérailles, levers de deuil). La voix du masque est haut perchée et très aïgue est celle d’une femme morte comme le suggère le masque avec sa couleur mortuaire blanche et ses yeux quasi fermés.

Le masque de l’okuyi fait référence à la femme ancêtre. Il a pour vocation de relier les vivants aux morts tout en captant les forces occultes de ces derniers.

Le masque et ses accessoires (le vêtement et le chasse mouche) font partie des objets religieux de la société secrète mwiri.

Objets coups de coeur