Mambila , Objet d'art de l'ethnie Mambila - Art-africain.fr
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Mambila

L’art des Mambila est très particulier avec une consonance expressionniste par l’exagération des formes provenant de  l’influence de leurs voisins du Cameroun notamment du Grassland. Les Mambila ont créé des statues d’ancêtres, des objets de protection, des masques et des instruments de musique pour les fêtes bisannuelles des semailles et des récoltes. Ces sculptures Mambilla sont reconnaissables à leur visage en forme de cœur et à l’application de pigments rouges et blancs

Les masques heaumes Mambila présentent des formes et des traits accentués caractéristiques et les statues Mambilla une allure dynamique.

Les masques Mambilla n’étaient visibles que par les hommes. Les masques Mambila étaient principalement zoomorphes et représentaient : le hibou qui annonçait la mort, le chien dédié à la chasse, la corneille qui était un animal tabou. Les Mambila avaient aussi un masque à visage humain inscrit dans un cœur avec des cornes vers l’arrière.

Les danses Mambilla avant la fin des semailles étaient conduites par un masque heaume en forme de tête humaine stylisée suivi par des danseurs aux masques symbolisant une tête de chien et une tête de pie.

Il existe des masques heaumes Mambilla janus qui sont rares et peuvent être rapprochés des masques janus des Bamiléké représentant les ancêtres.

Les statues Mambilla d’ancêtres étaient soit constituées de morceaux de bois attachés ensemble, soit étaient de forme humaine. Les ancêtres étaient responsables de la prospérité de la tribu. Ces statues sont debout sur de courtes jambes pliées avec une grande tête, parfois coiffée de petits tenons en bois.

Les Mambila façonnent aussi des terres cuites colorées.

Le sculpteur Mambila

Le sculpteur sur bois n’avait pas un statut particulier comme le forgeron. Il n’avait pas de prestige particulier lié à son travail, tout au plus il pouvait avoir une bonne réputation si il travaillait bien. Il sculptait un bois léger et brulait la sculpture avec un ciseau chauffé pour lui donner une belle patine. La surface restait un peu brut avec des traces d’outils tels que  la herminette.

Les Mambila ont créé des statues d’ancêtres, des objets de protection, des masques et des instruments de musique pour les fêtes bisannuelles des semailles et des récoltes. Tout le monde y participait, la fête se propageait de village en village pendant plusieurs semaines. Cette période était propice aux relations sexuelles des jeunes et se terminait par de nombreux mariages qui de toute façon n’étaient célébrés qu’à ce moment de l’année. Les danses étaient dirigées par un homme portant un masque heaume en forme de tête stylisée.

Les masques n’étaient visibles que par les hommes. Ils étaient portés avec un costume de fibre. Les masques et les statues n’étaient pas visibles par les femmes et étaient rangés dans un filet accroché dans une hutte sur pilotis gardée par le chef de famille.

Les Mambila réalisaient quelques sculptures en terre cuite et des objets n’ayant pas une forme humaine dont le rôle était de favoriser la fertilité, la protection contre la sorcellerie. Il fabriquaient aussi des tabourets d’accouchement, des pipes en argile pour les mères de jumeaux.

Organisation sociale et économique des Mambila

Les Mambila habitent une région proche du Cameroun et du Nigéria. Les Mambila vivent d’agriculture et d’élevage.

La terre appartient à chaque famille et est octroyée à l’origine par le chef de village. Les femmes et les hommes se partagent le travail et les enfants commencent à travailler à 12 ans. Une société d’entraide aide au défrichage, à la récolte et la construction des maisons. Ce faisant elle contribue à instaurer de bons contacts sociaux, sachant qu’elle organise aussi des fêtes et des danses. Les hommes sont chargés du tissage du coton et des fibres, du bois, du façonnage du métal. Les forgerons et les commerçants ont un statut spécial. Le travail de forgeron se transmet de père en fils, les fils ne peuvent se marier que dans la communauté des forgerons alors que les filles peuvent se marier en dehors.

Il n’existe ni roi, ni pouvoir centralisé chez les Mambila. Le chef du village est responsable des bonnes relations à l’intérieur de la communauté. Une association y contribue aussi en étant chargée de dénouer les conflits, de nouer des alliances en organisant des cérémonies durant lesquelles les participants boivent de la bière de Mil dans une même coupe.

Chaque famille habitait sur un terrain construit de 3 ou 4 huttes protégé par une palissade. Elles vivaient regroupées souvent au sommet d’une colline sous l’autorité du chef de village.

Les Mambila croyaient en un dieu créateur mais ne rendaient un culte qu’à leurs ancêtres.

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