Luba , Objet d'art de l'ethnie Luba - Art-africain.fr
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Luba

Les Luba ont sculpté peu de masques. On trouve des masque Luba inspirés des masques Kifwebe des Songye mais avec un modelé plus doux. Les statues Luba debout sont peu courantes et représentent probablement les esprits des forêts  ou des ancêtres. L’un des thèmes favoris de la sculpture Luba était la femme. Les statues représentant une femme avec une coupe, quelle que soit sa position, assisse, agenouillée, accroupie, symbolisent un rite de divination.

L’art Luba utilise des volumes harmonieux, il est tout en courbe et rondeur. Les pièces ont des proportions naturelles. Les têtes sont rondes, le front est bombé.

Les sculptures Luba, statues, masques, et objets de prestige

L’un des thèmes favoris de la sculpture Luba était la femme. En effet selon la tradition Luba, un esprit féminin nommé Vidiye avait été fondateur du clan et garant de la lignée et de la fertilité. Les femmes étaient gardiennes du culte. Les épouses royales jouaient un rôle important en rencontrant les chefs des ethnies voisines pour négocier des alliances par le biais d’organisation de mariages.

Les guérisseurs étaient les membres d’une société secrète, très puissante, fondée sur l’entraide mutuelle. Cette société existait aussi chez les Hemba. En réalité elle ne servait qu’à enrichir ses membres et personne n’osait se manifester de peur de se faire empoisonner.

L’art Luba est tout en lignes courbes. Le visage est arrondi, les yeux sont la plupart du temps baissés, le nez à une arête douce et la bouche est dotée de lèvres pulpeuses. La coiffure subit des variations selon les régions. Elle est formée de tresses formant une croix à l’arrière de la tête chez  les Luba-Hemba et les Luba. La coiffe a une forme de cascade chez les Shankadi. On observe aussi des différences régionales au niveau des tatouages. L’art Luba utilise des volumes harmonieux, il est tout en courbe et rondeur. Les pièces ont des proportions naturelles. Les têtes sont rondes, le front est bombé. Les yeux ont une forme de grain de café, les oreilles sont petites. La patine est belle et foncée. Le sculpteur Luba accorde une grande importance aux détails : les scarifications et la coiffure renseignent sur le statut social. La forme du dos et du torse est traitée de façon caractéristique. Du fait de l’énorme superficie de l’empire, il existe de fortes variations stylistiques chez les Luba.

Chez les Luba, les symboles du pouvoir sont en bois sculpté : les trônes des chefs sont des sièges à cariatides féminines. Il existe aussi des cannes surmontées d’une tête ou d’une statue féminine ou encore des haches de chefs et des portes flèches (symboles de l’indissolubilité du mariage royal) . Tous ces objets présentent les mêmes caractéristiques formelles : élégance, sensualité, douceur.

Les statues Luba représentant une femme avec une coupe, quelle que soit sa position, assisse, agenouillée, accroupie, symbolisent un rite de divination. La coupe contient de l’argile blanche. Cette matière ayant une forte signification rituelle dans toute l’Afrique. Le devin enduit de blanc utilisait une statue Luba de ce type. Dans ce bol se trouvait des objets, en la secouant et en analysant la nouvelle position des objets dans le bol, le devin prédisait l’avenir.

On trouve des statues Luba de femmes enceintes très harmonieuses qui représenteraient un génie propice reconnaissables grâce à des détails surprenants et non expliqués, par exemple la femme enceinte est dotée d’une barbe en collier.

Les statues Luba debout sont peu courantes et représentent probablement les esprits des forêts  ou des ancêtres. Elles sont recouvertes d’une patine huileuse due à de nombreuses libations.

On trouve aussi dans la sculpture Luba des figures, des tambours, des pipes…

Les masques Luba sont rares et se trouvent plutôt dans la partie orientale de l’empire. Les Luba utilisaient aussi le masque Kifwebe des Songye sachant qu’il était alors réalisé avec une forme moins agressive, plus ronde. Il y avait peu de masques zoomorphes.

Il existe aussi des masques Luba, notamment un anthropomorphe en forme de cloche, avec une coiffure présentant des cornes et un visage arrondi toujours emprunt de la même plénitude et harmonie.

Histoire et organisation sociale de l’empire Luba

En République Démocratique du Congo (ex Zaïre), la région du Shaba et du Maniema est habitée par les Luba et les Songye. A proximité vivent aussi les Hemba.

Vers 1 500, un immigrant vraisemblablement Songye nommé Nkongolo, crée le 1er royaume Luba. Kalala, Ilunga victime tue Nkongolo qui est un cruel tyran et crée le 2nd empire Luba. L’empire s’écroula lors de la colonisation par les Belges.

Ce 2nd empire fut doté d’une organisation politique plus organisée : le royaume était divisé en chefferies ou provinces. A la tête de cet empire règne une royauté divine réputée dotée de pouvoirs surnaturels pour avoir la capacité de régner. A la cour Luba le cérémonial était très aristocratique. Le roi était entouré d’une cour avec des rois des clans appelés balopwe, des dignitaires, des serviteurs et des artistes. Le cérémonial était complexe et nécessitait une production importante d’objets de prestige : tabouret royal, bâtons de commandement, portes flèches lances, arcs, haches, couteaux. Les chefs du lignage royal possédaient des sceptres, des appuie nuques et des tabourets sculptés de figures féminines, des haches…Les rois des clans pouvaient être considérés comme les fils spirituels du roi et avaient donc la possibilité de créer des sous états dans l’empire.

La place de l’artiste dans la société Luba

Les artistes avaient une place de choix dans la hiérarchie. Ils portaient une hache de cérémonie sur l’épaule pour montrer leur position. Certains artistes étaient recrutés parmi les êtres handicapés et disgracieux qui ne pouvaient être ni chasseurs ni guerriers. On pensait en effet que leur disgrâce était  liée à la magie.

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