Lobi , Objet d'art de l'ethnie Lobi - Art-africain.fr
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Lobi

Les Lobi n’utilisent pas de masques mais créent des statues appelées batéba qui jouent un rôle essentiel dans la vie et la protection de toute maison. Les autels des maisons sacrées sont entourés de nombreuses statues d’aspect solennel avec un front haut. Les paupières sont tombantes, le regard absent, le nez triangulaire et droit. Les lèvres de certaines statues Lobi sont déformées par le labret qui était un disque que les femmes portaient autrefois insérées dans la lèvre supérieure

Il existe des tabourets Lobi à trois pieds que les hommes emportent avec eux lors de leur déplacement pour signifier leur statut. Tout chef de famille possède un de ces tabourets

La sculpture Lobi n’offre pas l’aspect séduisant de celle de la Cote d’Ivoire ou de celle de la République du Congo avec la surface du bois soigneusement polie et des patines brillantes et lustrées. Chez les Lobi les statues sont en bois brut et apparaissent sans fard.

Les Lobi habitent dans un espace s’étendant sur trois pays : le Burkina Faso, la côte d’Ivoire et le Ghana.

Rites, croyances religieuses et statues des Lobi

Les Lobi croient en l’existence d’un principe vital appelé thuu (esprit, double) qui est le premier composant de la personne et qui peut évoluer selon les comportements de l’individu. En même temps ce thuu peut influer la personnalité de chacun. Il existe donc une influence réciproque entre l’individu et son thuu. Ce qui affecte l’un se répercute sur la nature de l’autre. Ce principe Lobi vital thuu subsiste après la mort et peut se manifester de façon particulière. Les Lobi reconnaissent au thuu des morts la capacité d’exercer leur influence sur les vivants et appellent Thil (pluriel Thila) la manifestation de sa puissance. La nature du Thil étant étroitement liée à celle du Thuu du défunt, il peut y avoir des Thil ayant une puissance bienfaisante, d’autres malfaisantes.

Les défunts Lobi dont on a loué le vécu et les services rendus à la communauté ont un thuu bienfaisant. Leur esprit est considéré comme une puissance bienveillante à laquelle le devenir des membres du matriclan est confié. L’édification des autels Lobi domestiques permet d’exécuter les cultes et pratiques sacrificielles dédiés aux aïeuls maternels sous la protection desquels les individus sont confiés dés l’enfance.

Certains individus à cause de funérailles mal exécutées, de mort non naturelle (donc chatiés selon les croyances par les ancêtres) sont contraints à l’errance et peuvent devenir des thila dangereux et nuisibles. Ils cherchent à s’abriter dans tout ce qui est porteur de vie  et leur présence dans le corps humain entraine toute une série de maladies physiques ou psychiques. L’individu se trouve dans un état d’impureté qu’il faut « nettoyer » par des sacrifices et des procédures capables de dérouter le Thil originaire de cette souillure. Dans sa prescription, le devin indique les gestes (réalisés par des statues) qui peuvent soigner.

Les Lobi révèrent des esprits appelés Thil, qui sont honorés sur des autels construits sous les instructions de sorciers, situés sur le toit ou à l’intérieure de chaque maison. Ces autels sont remplis d’objets : vaisselle, statues en fer de formes abstraites, statues en pierre ou en bois appelées batheba, qui sont censées incarner les esprits Thil. Ces statues batheba mesurent entre 5 et 60 cm et possèdent des jambes légèrement fléchies. Il existe deux catégories de statues Lobi batheba :

-        les statue Lobi batheba duntundora qui servent à détourner vers autrui des maléfices, qui mesurent en moyenne 60cm de hauteur et qui ont une expression féroce montrant leur capacité à chasser les mauvaises forces.

-        Les autres statues Lobi batheba incarnent les esprits Thil, sous la forme de statuettes en bois ou en terre cuite, dont les positions symbolisent chacune un Thil spécifique. Ainsi la statue Lobi aux bras grands ouverts ou levés symbolise un Thil dangereux. Le devin Lobi fait réaliser alors une statue avec cette posture pour résoudre la situation critique provoquée pat le Thil malfaisant. L’objectif est d’entrainer le Thil malfaisant vers la statue piège qui lui est offert. Ainsi l’individu est-il libéré du Thil et les sacrifices idoines permettent de maintenir ce Thil malfaisant dans le batheba approprié. Les statues en position amoureuse, les maternités incarnent des esprits Thil qui apportent prospérité, fertilité  

Chaque autel Lobi a ses protecteurs entretenus par le chef de famille, ce dernier consultant fréquemment le devin.

Le Thil dicte les interdits, exige la réalisation d’une nouvelle statue pour le sanctuaire du village ou de la maison. Si l’injonction du Thil n’est pas suivie, des désastres peuvent s’abattre sur le village Lobi (épidémie, sécheresse…). La faute d’un individu peut entrainer la punition de toute la collectivité Lobi.

Les Lobi croient qu’ils vivaient autrefois dans un paradis terrestre. Nourris par le dieu créateur, ils n’avaient pas à travailler, ne connaissaient pas les maladies ni les morts précoces. Les Lobi devaient en revanche observer les commandements du Dieu : ne pas voler, ne pas tuer, rester unis, ne pas convoiter la femme du voisin. Mais les femmes étant insuffisamment nombreuses, il y eu des disputes puis des guerres. Dieu s’est alors détourné des Lobi, il a remplacé la viande qu’il donnait par la houe pour cultiver. Cependant Dieu a laissé aux Lobi les Thila pour les aider en transmettant par l’intermédiaire des devins les rites d’initiation, les rituels et les médecines.

Il existe d’autres personnages mythiques qui sont les génies de la brousse. Ils peuvent être invisibles pour certains hommes et visibles par d’autres. Ils montrent aux hommes comment on interroge un mort, comment on l’enterre et comment les prophéties peuvent être interprétées.

Le devin Lobi est celui qui est capable d’interpréter les volontés d’un Thil. La position de devin est peu enviable. En effet le devin donne en moyenne 10 à 20 consultations par jour, il ne peut refuser une consultation. Lors de chacune de ces consultations, il doit poser des multitudes de questions à chaque personne pour comprendre, interpréter et formuler les raisons de la consultation. Le devin Lobi n’est pas payé pour son office et il n’a pas le temps de s’occuper des champs. Personne ne souhaite être devin mais quiconque appelé par les esprits à devenir devin et qui le refuserait pourrait être punis de mort. Le devin est entouré de divers objets : des statuettes, des cloches, des cauris, des pierres, de la paille… En règle générale, il prescrit l’offrande de sacrifices ou la réalisation d’un sanctuaire. Le seul moyen pour le devin d’accéder à un certain prestige et de cumuler son office avec le métier de sculpteur.

Des hommes, femmes ou enfants peuvent être des sorciers capables de prendre possession de l’âme d’une personne et de la tuer. Le féticheur possède de nombreuses statuettes et ses Thila sont très efficaces pour identifier les coupables.

Les sculpteurs Lobi

Le sculpteur Lobi vit aussi de l’agriculture et ne consacre qu’une partie de son temps à la sculpture et son apprentissage est succin aussi de nombreuses pièces ne sont pas d’une qualité extraordinaire.

Les Lobi n’utilisent pas de masques mais créent des statues appelées batéba qui jouent un rôle essentiel dans la vie et la protection de toute maison. Ils réalisent aussi des têtes sculptées au sommet d’un pieu planté dans le sol et les autels des maisons sacrées sont entourés de nombreuses statues d’aspect solennel avec un front haut. Les paupières sont tombantes, le regard absent, le nez triangulaire et droit. Les lèvres de certaines statues sont déformées par le labret qui était un disque que les femmes portaient autrefois insérées dans la lèvre supérieure.

Il existe des tabourets à trois pieds que les hommes emportent avec eux lors de leur déplacement pour signifier leur statut. Tout chef de famille possède un de ces tabourets. Il existe un modèle de tabouret plus petit avec une surface bien polie et patinée qui est associé au thilduù qui est une pièce sacrée de la maison qu’un homme peut aménager après la mort de son père. Dans cette pièce sont rendus les cultes aux ancêtres maternels afin qu’ils veillent sur leur descendance. Seuls les hommes dans cette situation familiale ont le droit d’avoir ce type de tabouret qui atteste de leur autonomie et responsabilité rituelle. Ce tabouret est conservé dans le thilduù et est utilisé pendant certaines cérémonies concernant le groupe domestique. A la mort de son propriétaire, le tabouret sera hérité par le fils désigné pour la direction de la maisonnée et la perpétuation des cultes afférents.

L’organisation de la société chez les Lobi

La transmission des richesses se fait par les femmes mais se fait par les hommes pour le droit d’exploitation des terres, les habitations et les autels domestiques. Les Lobi n’obéissent pas à une autorité centralisée, ils se regroupent par clans. Les conflits armés, les vengeances s’exercent au niveau des clans matrilinéaires. Les Lobi sont de féroces guerriers.

Au moment des récoltes, les hommes travaillent aux champs. Les femmes sèment et portent les épis de maïs sur leur tête. Ils élèvent du bétail et des volailles. Durant la saison humide, les hommes ne sont pas aux champs mais travaillent le fer, le bois et construisent des maisons. Durant cette période, les hommes font aussi des visites à leur parenté, s’occupent des funérailles, organisent des marchés et de grandes réunions.

Les villages sont constitués de vastes maisons carrées relativement distantes les unes des autres. Elles sont en un seul bâtiment sans fenêtre surmonté d’une terrasse. Juste autour sont dispersés les champs de culture. La maisonnée vie sous l’autorité incontestable du chef de famille qui comprend sa ou ses femmes, les fils mariés leurs épouses et leurs enfants. Ce regroupement familial est subordonné à un Thil, génie protecteur invisible qui transmet ses exigences par l’intermédiaire des devins et sorciers. Des règles de parentés très strictes guident l’installation des hommes en un lieu. Les mariages doivent respecter des commandements importants au niveau des relations patrilinéaires et matrilinéaires.

L’initiation est organisée par le chef de famille à la demande de son Thil. Comme ce rite réclame des nourritures et sacrifices abondants et coûte cher, d’autres membres de la famille y participent.

Tous les sept ans, jeunes hommes et femmes remontent vers l’origine mythique sur les bords de la Volta. Les jeunes initiés suivront à cette occasion un long apprentissage qui sera finalisé auprès des vieux dans le village.

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