Ibo , Objet d'art de l'ethnie Ibo - Art-africain.fr
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Ibo

Les masques Ibo (igbo chez les anglais) sortent, en particulier lors des funérailles, au cours desquels apparaît celui qui représente la jeune fille agbo mmaung. C’est un masque Ibo au visage émacié, pathétique, rehaussé de blanc et portant des tatouages. La coiffure en demi-cloche est très élaborée et est surmontée d’une haute crête. Les Ibo se servent de milliers de masques, qui incarnent des esprits ou des morts, ils sont utilisés pour la justice ou pour amuser. Dans les masques, les Ibo illustrent la complémentarité en opposant la beauté et la bestialité, le féminin au masculin, le blanc au noir. Chez les Ibo du Nord (dans le sous groupe Izzi), il existe un masque Ibo incarnant l’esprit de l’éléphant.  

Les Ibo possèdent des statues d’ancêtres monumentales, souvent polychrome avec une réalisation schématique. La simplification des formes va au rendu de l’essentiel.

L’esprit Ikenga est vénéré car il apporte le succès dans le commerce, la chasse, la culture, la guerre, ainsi que la richesse. La statue Ibo Ikenga est un personnage, toujours représenté avec deux cornes qui rappellent la combativité des animaux mâles. La statue est assise sur un siège, symbole d’autorité.

Le peuple Ibo (ou Igbo, nom donné par les anglais) occupe un vaste plateau entre le fleuve Niger et la Cross River au sud-est de l’état du Nigeria.

Vivant dans d’épaisses forêts ou sur des terres marécageuses peu fertiles, Les Ibo (Igbo) cultivent l’igname et pêche et font du commerce.

Les masques Ibo (Igbo)

 Les masques Ibo (Igbo) sortent, en particulier lors des funérailles, au cours desquels apparaît celui qui représente la jeune fille agbo mmaung. C’est un masque au visage émacié, pathétique, rehaussé de blanc et portant des tatouages. La coiffure en demi-cloche est très élaborée et est surmontée d’une haute crête. Parmi les éléments décoratifs latéraux, on observe parfois des peignes. Ce masque de jeune fille montre l’idéal féminin des Ibo (Igbo). Beauté et sérénité émanent de ces œuvres où l’artiste, tout en respectant des canons esthétiques obligatoires, s’est affranchi de tout académisme en créant une multitude de styles de coiffures et de décorations.

Lors de la levée de Deuil, moment où l’âme du défunt entre dans le monde des esprits, des masques sont utilisés. Parmi ceux-ci se trouvent des masques zoomorphes qui évoquent l’analogie entre la perfection physique des animaux sauvages et la puissance et la vitalité des jeunes hommes.

Les Ibo (Igbo) se servent de milliers de masques, qui incarnent des esprits ou des morts. Ces masques, en bois léger, jouent un rôle dans le fonctionnement de la  justice ou à l’inverse sont crées pour amuser. Ils apparaissent chaque année lors de fêtes de récoltes, lors de la commémoration de funérailles de notables ou certains cultes initiatiques. Dans les masques, les Ibo illustrent la complémentarité en opposant la beauté et la bestialité, le féminin au masculin, le blanc au noir.

  • Le visage allongé, surmonté d’une crête incarne la jeune fille pubère au cours des fêtes où les vierges sont honorées.
  • Dans les cultes des sociétés secrètes, les esprits de la nuit sont représentés par des masques aux coiffures très élaborées avec des structures superposées, crêtes, cornes…
  • Si le patrilignage est la règle, l’importance de la femme est magnifiée lors de danses masquées de la jeune fille agbo mmaung.

En général, les masques féminins sont blancs, le noir est souvent l’apanage des masques masculins. Traits brutaux et agressifs caractérisent ces derniers. Ces masques évoquent l’esprit de l’homme guerrier, chasseur et prédateur. Les danses très caricaturales, soulignent cette dualité mâle-femelle.

  • Chez les Ibo du Nord (dans le sous groupe Izzi), il existe un masque incarnant l’esprit de l’éléphant. Le devant du masque est une représentation de l’éléphant avec une voute frontale qui se recourbe, évoquant la trompe de l’animal. L’arrière du masque est décoré la plupart du temps d’une tête humaine et plus rarement d’un petit  personnage. Ce masque Ibo (Igbo) généralement polychrome, se porte comme un casque sur le sommet de la tête. On l’utilise pour la fête du nouvel igname et plus rarement aux funérailles d’un chef important.

Les femmes et les non initiés regardent les masques évoluer à distance.

Les statues Ibo (Igbo)

Les Ibo possèdent des statues d’ancêtres monumentales, souvent polychrome avec une réalisation schématique. La simplification des formes va au rendu de l’essentiel. Leur dimension est exceptionnellement importante en Afrique (de 1 mètre à 1,75 m).

les statues avec les paumes tournées vers le haut évoquent un esprit protecteur et s'appellent alusi. Ces statues sont posées sur des autels ou dans des temples. Elles ne sortent que rarement pour certains festivals au cours desquels des sacrifices sont faits en leur honneur.

Les statues Ibo (Igbo) Ikenga

Les Ibo du nord-ouest, leurs voisin septentrionaux Igala, les Urhobo vénèrent l’esprit Ikenga qui apporte le succès dans le commerce, la chasse, la culture, la guerre, ainsi que la richesse. Ces peuples honorent cet esprit sur des autels sculptés, dédiés à la main droite, symbole de l’activité industrieuse. L’autel, selon ses dimensions, se trouve dans un sanctuaire collectif ou individuel avec d’autres objets en relation avec les ancêtres.

L’Ikenga est un personnage, toujours représenté avec deux cornes qui rappellent la combativité des animaux mâles. La statue est assise sur un siège, symbole d’autorité. L’Ikenga renvoie donc à la richesse et au statut social, ainsi qu’à la puissance et l’agressivité. Les grands Ikenga atteignent 70 cm, voire plus d’1,80 m.

La statue tient parfois un couteau symbolisant la supériorité dans les activités guerrières, ou encore une tête en trophée qui exprime le courage et la réussite. La statue est scarifiée selon le grade de son propriétaire et peut avoir divers attributs trompette, tabouret, bracelet, défense d’éléphant.

Les jeunes hommes se font sculpter des Ikenga à des âges variés, mais ils en possèdent tous un lors de leur mariage ou quand ils s’émancipent du domicile familiale. Le propriétaire d’un Ikenga est toujours un homme, mais sa femme peut bénéficier aussi des faveurs de l’esprit.

Le propriétaire d’un Ikenga réalise des sacrifices pour remercier l’esprit des résultats obtenus et pour être assuré d’en avoir de semblables dans l’avenir. Les offrandes classiques étaient des noix de kola qui stimulent l’énergie. Il arrivait que l’on fasse sur l’autel des sacrifices sanglants. Le sang versé fortifiant le pouvoir de l’esprit.

Certains Ikenga ont une patine sacrificielle, d’autres sont polychromés. Certains sont soigneusement sculptés avec une surface lisse, d’autres sont moins finis un peu à la mode impressioniste.

Autrefois la statue Ikenga était mise en morceaux à la mort de son propriétaire, actuellement elle est conservée sur l’autel des ancêtres.

Il existe des statues Ikenga plus grandes et faites de figures superposées, ils sont alors dédiés à une communauté, un lignage, une classe d’age. Les coiffures sont complexes mais toujours avec des cornes. Ces Ikenga sont exposées lors de fêtes du village et expriment un principe de solidarité. On présente à la statue tous les garçons nés l’année précédente, on le proméne dans le village pour féliciter et bénir les occupants.

Organisation sociale des Ibo (Igbo)

Les Ibo (Igbo) se divisent en 33 sous tribus et se répartissent en 200 villages environ, ce qui permet de déduire une densité par village élevée de 10 000 habitants par village

La société Ibo (Igbo) des hommes mmwo possède différents grades initiatiques. On y entre à 10 ans après avoir payé un droit d’admission et fait les sacrifices appropriés. L’initiation est graduelle :

-        Au plus jeunes (premier grade), on apprend que les masques sont portés par les hommes et on enseigne par des champs, les noms des différents masques et la façon de reproduire la voix de fausset des esprits.

-        Ce sont les initiés d’une trentaine d’années (second grade) qui portent les masques, dont le port et l’exhibition demande de la vigueur

-        Les anciens (troisième grade) assurent l’ordre du village.

Les sociétés d’anciens et les associations initiatiques assurent la cohésion du système sociopolitique. La culture Ibo (Igbo) a un très ancien passé, des objets culturels datant du 10ème siècle ont été exhumés. Les représentations artistiques Ibo sont d’une très grande richesse. Il existe de nombreuses sociétés secrètes Ibo (Igbo) mais suffisamment ouvertes pour accueillir toute personne assez riche pour payer.

Le succès d’un ibo (Igbo) au niveau matériel, social, politique et spirituel repose sur la volonté et la force physique. L’idéal est d’être un bon agriculteur accumulant richesse, prestige et distinctions, de créer une grande famille et d’occuper plus tard une place honorable parmi les ancêtres. Ce souhait de réussite se manifeste par des sanctuaires familiaux entretenus par les hommes.

Croyances religieuses et rites sociaux des Ibo (Igbo)

Si le dieu créateur Chukwu n’est jamais représenté, en revanche les Ibos conservent dans leurs sanctuaires familiaux et dans les maisons communes d’association initiatique appelées maison des hommes de nombreuses statues représentant des divinités tutélaires des ancêtres fondateurs de lignage. On y trouve de grandes figures sculptées (appelées alusi) souvent en couple, parfois accompagnées par d’autres plus petites, matérialisées selon le modèle familial : mari, épouse, enfants, messagers et Ikenga. Peintes en rouge, jaune et blanc, elles indiquent par leurs scarifications et attributs le rang social de la personne représentée. Il peut s’agir d’ancêtres fondateurs dont on a gardé le souvenir, de divinités du village ou du marché. Elles sont très bien entretenues, remplacées si le bois est trop érodé, repeintes à l’occasion de grandes fêtes où elles apparaissent habillées du costume Ibo.

les statues Ibo (Igbo) avec les paumes tournées vers le haut évoquent un esprit protecteur et s'appellent alusi. Ces statues sont posées sur des autels ou dans des temples. Elles ne sortent que rarement pour certains festivals au cours desquels des sacrifices sont faits en leur honneur.

N’ayant aucune administration susceptible de régler les conflits entre individus ou lignages, les Ibo (Igbo) se réfèrent aux statues alusi pour trancher. L’accusé doit faire un serment devant le sanctuaire devant les alusi et l’oracle se prononcera en rendant l’accusé malade le cas échéant. Si l’accusé meurt, tous ses biens reviennent au sanctuaire. Certains alusi étaient si célèbres pour leur efficacité que l’on venait de loin pour les consulter.

Les sanctuaires sont de taille réduite et sont embellis par des portes à motifs géométriques, des panneaux sculptés, des murs peints refaits chaque année si nécessaire. Ce sont des lieux de rituels hebdomadaires et annuels.

En plus de la musique et de la danse, les Ibo sont très sensibles aux arts visuels. Lors des fêtes ancestrales annuelles ou d’autres cérémonies consacrées aux ancêtres, de grands spectacles sont organisés. A l’appel du tambour, les statues appartenant au chef de lignage sont apportées et disposées en rangs devant le mur du sanctuaire où toute la population peut les voir. Les statues sont embellies avec des épées, des couvre-chefs, des plumes d’aigle et des bijoux. En retour les divinités accordent leur protection, une bonne récolte ou la fertilité. Les relations entre hommes et divinités sont basées sur des échanges réciproques.

La sculpture Ibo est soumise à des contraintes assez strictes : les figures sont en général frontales, symétriques, dressées les jambes légèrement écartées, les bras dégagés du corps, les mains étendues vers l’avant paumes ouvertes. Les proportions sont celles du corps humain hormis le cou un peu plus allongé. L’abstraction de la figure est assez réduite. L’ensemble donne une impression d’équilibre et de stabilité. Ces figues ne sont pas des portraits, l’artiste garde une certaine liberté dans les détails et peut ainsi faire preuve de son talent.

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