Fang , Objet d'art de l'ethnie Fang - Art-africain.fr
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Fang

Les Fang sont réputés pour leurs statues byeri. Un byeri est une statue (statue entière ou buste ou tête) sculptée en bois surmontant une boite ronde et haute en écorce contenant des os des ancêtres, phalanges, crânes et des bols en bois pour les libations et des médicaments.

Le ngil est une association qui dépasse les clivages entre les différents clans chez les Fang. Le masque Fang ngil est long, le bas du visage est concave et va en s’affinant progressivement à partir des arcades sourcilières, l’ensemble du masque à une forme de cœur très allongée pourvu d’un nez droit. Il est d’une couleur blanche (celle des esprits). Le masque Fang ngil intervenait dans les villages à la demande de ses habitants après plusieurs morts inexpliquées qui étaient de ce fait attribuées à la sorcellerie.

Les Fang habitent au nord du Gabon, au sud du Cameroun et en Guinée équatoriale.

Le culte du Byeri chez les Fang

 Ce culte est consacré aux ancêtres qui peuvent protéger les vivants. L’ancêtre est l’axe de la société, le garant du monde vivant et de la vie future.

Un byeri est une statue Fang (statue entière ou buste ou tête ) sculptée en bois surmontant une boite ronde et haute en écorce contenant des os des ancêtres, phalanges, crânes et des bols en bois pour les libations et des médicaments. Les byeri sont honorés par des prières et des sacrifices. Du sang est versé sur les ossements, de la viande est laissée avec les reliquaires pour que les ancêtres se nourrissent sans être vus par les hommes. Cette viande est ensuite récupérée et consommée par les initiés dans la maison des hommes.

Les sculpture de byeri Fang portent parfois des objets dans leurs mains. Ce peut être assez fréquemment une coupe ou plus rarement une corne contenant des médicaments qui tuent toutes personnes non autorisée à toucher le byeri. Ce peut être un sifflet ayant le pouvoir de nuire à une personne en soufflant dedans. Enfin le byeri peut tenir un couteau ou un bâton jouant un rôle de protection.

Les statues Fang on un aspect naturaliste, parfois très stylisé, avec une musculature prononcée, un visage avec un grand front bombé. Le menton et la bouche sont souvent proéminents qui donne à la statue un air peu aimable. Les yeux sont souvent ronds et incrustés de métal, soit avec les paupières baissées. Le nez est souvent petit. La coiffure a l’aspect d’un casque à une à trois mèches conformes à une stylisation des coiffures des femmes Fang d’autrefois. La patine est souvent luisante. Avec sa grosse tête, son long corps et ses membres courts, la statue byeri Fang avait les mêmes proportions qu’un nouveau né. Ainsi le Byeri symbolisait le chainon manquant entre les ancêtres morts et les vivants en occupant la place des enfants non encore nés. Il permettait d’établir une continuité entre les ancêtres et les vivants.

La possession d’un byeri procure force et richesse à son possesseur.

Le byeri Fang était l’objet d’un culte avec prières, libations (action de rependre un liquide) et sacrifices réalisés pour l’ancêtre, dont le crâne était chaque fois enduit de poudre et de peinture.

Le byeri Fang est la représentation de l’ancêtre fondateur. En tant que tel il est consulté pour de multiples raisons, avant une guerre, une chasse, une palabre, le déplacement du village, l’édification d’une nouvelle plantation. Les réponses aux questions posées par le chef de famille sont formulées par les ancêtres via des rêves.

 Les femmes et les enfants ne peuvent pas voir le byeri, seuls les hommes initiés au Sô et ayant au moins un fils peuvent être initiés à ce culte.

L’initiation au byeri s’appelle melan. Ce nom est un dérivé de alan qui est une plante hallucinogène qui est utilisée pour rentrer en contact avec les ancêtres. L’initiation au Byeri se déroule en trois temps :

a-      La purification

b-     La consommation de la plante hallucinogène « alan »

c-      La danse des statues byeri et la présentation des crânes des ancêtres.

La zone où se déroule l’initiation est un enclos qui est séparé en deux parties : l’une est l’endroit par lequel les candidats entrent et se tiennent au début de la cérémonie, l’autre contient les statues byeri qui ne peuvent être vues par les nons initiés.

L’initiation se passe entre des hommes de la même famille. Si il y a plusieurs byeri, c’est qu’il y a eu une séparation au sein de la famille. Ainsi, un fils cadet peut avoir envie de fonder un village, dans ce cas, son frère ainé lui donne des morceaux d’os provenant du reliquaire familial pour qu’il les emmène avec lui dans un nouveau byeri. Plus tard, quand le village aura été créé et son fondateur décédé, son crâne se trouvera dans ce reliquaire. Les reliquaires anciens peuvent contenir jusqu’à huit crânes. Une fête d’initiation est l’occasion de réunir la famille au complet avec les cadets autour du fils ainé et donc de resserrer les liens entre les membres du clan.

-        La purification :

Les candidats les initiés se purifient avec une eau dans laquelle ont trempé un coktail de feuilles, fleurs, racines, écorces. Ils s’en mettent sur le crâne, le visage, l’endroit où se trouve le cœur. La purification permet de chasser les mauvais esprits.

-        L’absorption de la plante hallucinogène alan :

Elle se déroule par l’ingestion de petits morceaux d’écorces qui sont mâchés puis avalés. L’effet de la plante est démultiplié par les danses, les chants, la musique. Les candidats tombent en catalepsie, parfois pendant deux ou trois heures. A ce moment, ils ont la sensation de voir et entendre les ancêtres qui leur prodiguent des conseils.

Au même moment, dans l’enclos où se trouvent les byeri, des sacrifices de coqs ou de cabris sont réalisés et leur sang additionné à de l’huile est versé sur les ossements.

-        La présentation des crânes des ancêtres et la danse des statues byeri

Les candidats sont portés dans l’enclos des byeri. Après que les candidats aient raconté leur vision aux ainés, ils ont le droit de voir les crânes des ancêtres. Ils doivent ensuite jurer de ne pas révéler ce qu’ils ont vu et entendu à des non initiés.

Enfin, l’initiation se termine par une danse des hommes avec les statues Byeri qui se déroule au village. L’objectif poursuivi est que les ancêtres dispensent de bonheurs les familles. Après la danse les statues Byeri sont rapportées et reposées sur les boites rondes servant de reliquaires aux ossements.

Chaque clan, chaque chef de famille conservait son byeri dans une petite hutte à l’écart du village

La société Ngil chez les Fang

Le ngil est une association qui dépasse les clivages entre les différents clans chez les Fang. Ngil, facteur d’unité entre les clans, intervient au plan juridique et politique. Les grands maîtres ngil disposaient d’une immunité totale  et pouvaient traverser des clans en guerre en parfaite impunité.

Les objectifs du ngil sont :

-        Découvrir les sorciers et les tuer

-        La résolution des guerres entre les clans de façon pacifique.

L’initiation au ngil se déroule après celle du byeri. D’abord, le candidat participait à une retraite dans la forêt avec une alimentation réduite et l’ingestion de substances à même de développer sa sensibilité et le plonger dans un état mystique. Le candidat devait ensuite raconter ses rêves à son tuteur qui jugeait si le candidat était digne ou pas de poursuivre l’initiation. Ensuite le candidat était soumis à des épreuves physiques. Si il s’en acquittait avec succès, il lui était révélés les secrets du ngil, des mots de passe, des moyens de se reconnaître de loin et de communiquer.

Le ngil intervenait dans les villages à la demande de ses habitants après plusieurs morts inexpliquées qui étaient de ce fait attribuées à la sorcellerie. Le grand maître était autrefois revêtu d’un masque en feuilles, puis ensuite le masque devint en bois, de couleur blanche (celle des esprits). Ce masque est long, le bas du visage est concave et va en s’affinant progressivement à partir des arcades sourcilières, l’ensemble du masque à une forme de cœur très allongée pourvu d’un nez droit.

L’homme masqué était aidé par un jeune garçon qui prévenait de son arrivée et enjoignait les femmes et les enfants à se cacher dans leurs maisons. Ce rite avait lieu le soir à la lueur des torches avec comme accessoires un crâne et une statue en terre. En premier lieu une poule blanche était décapitée, son agonie et ses mouvements étaient interprétés par l’individu masqué, puis le sang de la poule était versé sur le crâne de l’ancêtre. Durant ce rite, un orchestre accompagnait les chants et les danses des initiés. Si il s’agissait de découvrir un sorcier, l’homme masqué se promenait dans le village en heurtant les maisons avec le crâne de l’ancêtre et en maudissant le sorcier coupable. Ensuite, les habitants du village devaient défiler devant la statue de terre en plantant un épieux. Celui qui tremblait ou trébuchait était le coupable et était tué.

D’autres masques existent chez les Fang:

- Le masque ekekek qui sert à effrayer les femmes, enfants et étranger.

- Le masque heaume n’gonntan représentant les esprits des ancêtres. Un masque heaume à 4 visages illustrant la capacité de celui qui le portait à dénicher les sorciers où qu’ils soient étant donnée sa capacité à voir dans toutes les directions à la fois.

La vie en société chez les Fang

La société est patrilinéaire. Dans le village se trouve la maison des hommes. C’est le lieu où ils se réunissent pour discuter, prendre leur repas, reçoivent les visiteurs. Les sculpteurs et les forgerons travaillent dans cette maison et étaient très bien considérés. Les jeunes hommes non mariés y habitent.

C’est l’ainé qui a la garde du byeri qui contient les crânes et autres ossements des ancêtres. L’ainé a la charge de répartir l’argent de la famille entre ses différents membres, notamment le paiement des dots des enfants et de ses frères. Il choisit le moment des cérémonies d’initiation.

La circoncision se pratique entre 8 et 12 ans. C’est le moment auquel le jeune homme apprend sa généalogie qui lui évitera de pratiquer un inceste au moment de son mariage. Le nouveau circoncis participe alors aux activités masculines telles que la guerre, la chasse et le défrichement. Il ne pourra par contre prendre part aux décisions prises par les hommes qu’après avoir été initié au sô et au byeri.

Les mariages se pratiquent entre membres de clans différents. Le clan est la plus grande entité familiale des Fang, ses membres se réunissent fréquemment autour de l’ainé. Le clan est aussi patrilinéaire. On dénombre 80 clans chez les Fang.

Les Fangs n’ont pas d’unité politique, la cohésion entre les clans est maintenue par l’intermédiaire des sociétés religieuses et judiciaires comme le ngil et le sô.

La société SÔ chez les Fang

Sô est le nom de l’antilope que les non initiés n’ont pas le droit de manger.

Les buts de la société Sô sont sociaux et religieux.

L’initiation se déroule dans une enceinte sacrée, édifiée dans la forêt après que l’arbre sô ai été abattu. L’initiation consiste en des épreuves physiques : privation de sommeil, ramper dans un tunnel aux côtés pleins d’épines, de piment et de fourmis, grimper à l’arbre aux fourmis. Après ses épreuves, se déroulait un séjour de 6 mois qui se concluait par un retour au village en tant que membre de la société sô.

Les objectifs religieux de SÔ étaient les plus importants. La société intervenait pour des ruptures d’interdits, comme par exemple l’inceste.

Les objectifs sociaux consistaient à conclure des mariages, participer à la résolution de conflits ou différents entre villages.

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