Bambara , Objet d'art de l'ethnie Bambara - Art-africain.fr
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Bambara

Chez les bambara (appelés aussi bamana) les masques et les statues africaines sont sculptés par des forgerons vivant en caste. Comme la statuaire Dogon, celle des Bambara (Bamana) s’exprime dans un langage schématique. L’accent est mis sur l’articulation des volumes.

Il existe aussi des statues Bambara (Bamana) de musiciens et de guerriers portant des lances. Ces statues illustrent les qualités dont devront faire preuve les initiés : beauté, savoir, pouvoir. Chaque statue Bambara (Bamana) est expliquée aux initiés

La vie des Bambara, qu’elle soit religieuse ou sociale, repose sur l’initiation des adolescents et des hommes administrée par un ensemble complexe de sociétés secrètes, lesquelles vont accompagner l’individu tout au long de son existence. Chaque société a ses masques, statues, cimiers. A chaque échelon correspond aussi un masque Bambara (Bamana) particulier. Les masques apparaissent lors de fêtes : mariage, inauguration d’un marché…

Aux fêtes agraires de l’association Tiwara, les agriculteurs portent les coiffes surmontées d’antilopes, très réputées dans l’art africain, qui représentant le personnage mythique qui leur a appris à cultiver la terre.

Les Bambara vivent dans un grand territoire au sud ouest des Dogon.

Les Bambara sont un peuple de cultivateurs actifs, la savane sèche ne permet qu’une économie de subsistance, la terre ne produisant que difficilement du mil, du sorgho, du fonio, du riz et des haricots.

Ils furent colonisés au début du XXe siècle par les Français.

La sculpture des Bambara

Chez les bambara les masques et les statues sont sculptés par des forgerons vivant en caste. Comme la statuaire Dogon, celle des Bambara s’exprime dans un langage schématique. L’accent est mis sur l’articulation des volumes. Cependant la sculpture Dogon est plus austère, celle des Bambara (Bamana) projette d’avantage les volumes dans les trois dimensions avec un soucis décoratif plus évolué. Une statue Bambara (Bamana) féminine possède généralement de grands seins coniques, les bras écartés du corps, des traits du visage accusés, surtout le nez, organe de sentiments, permettant des relations sociales harmonieuses.

Les masques Bambara (Bamana) sont réalisés en bois sacré et habituellement décoré de cauris et de graines rouges et noires

Initiation, sociétés secrètes des Bambara

La vie des Bambara, qu’elle soit religieuse ou sociale, repose sur l’initiation des adolescents et des hommes administrée par un ensemble complexe de sociétés secrètes, lesquelles vont accompagner l’individu tout au long de son existence. L’initiation se pratique au sein d’associations plus ou moins présentes selon les villages :

  • Le n’domo, ouvert aux enfants avant leur circoncision. Il enseigne tout ce qui concerne l’origine de l’homme et son statut dans le monde. A la société n’domo est attaché un masque au visage ovale, surmonté de 2 à 8 cornes verticales. Le nombre de cornes symbolise le sexe, masculin, féminin, ou androgyne. 3 et 6 cornes est un masque mâle. 4 et 8 cornes femelles. 2, 5 et 7 androgyne. L’enseignement de cette société est le contrôle de la parole et les vertus du silence.
  • Le komo qui régit la vie communautaire et apporte la connaissance humaine, accueille tous les adolescents après leur circoncision. On démasque l’homme hypocrite, l’homme vain…Elle possède un masque avec une grande bouche, des cornes d’antilopes, une mâchoire et autres divers éléments. Ce masque porté par les seuls forgerons danse uniquement devant les initiés du komo. Son aspect inquiétant évoque la brousse et ses dangers. Sa force est telle qu’elle est capable de tuer.
  • Le nama, concerne les relations sociales de l’homme et lutte contre la sorcellerie. L’enseignement est moral, il a pour objet le mariage et le comportement social.
  • Le kono qui apprend au néophyte la dualité de la nature humaine et apprend à juger ce qui est bon ou mal. Le masque du kono représente à la fois un éléphant, symbole de l’intelligence, et un oiseau celui de l’esprit. Les oreilles sont grandes pour mettre l’accent sur l’ouie.
  • Le tyiwara qui montre avec évidence les liens de l’homme avec le cosmos. L’objectif est de faire de l’agriculteur un homme aux qualités physiques et morales excellentes, mais aussi à étudier les techniques agricoles et à les relier avec les réalités cosmiques : soleil et terre. Aux fêtes agraires de cette association, les agriculteurs portent des coiffes surmontées d’antilopes représentant le personnage mythique qui leur a appris à cultiver la terre. Pour obtenir des récoltes importantes, ils dansent lors des plantations en imitant le pas de l’antilope.
  • Le koré est en rapport avec la mort et la résurrection de l’individu. Il amène son union avec Dieu et son épanouissement à la sagesse souveraine. Sixième et dernière société des Bamana, le koré est le sommet du savoir, de l'intelligence des faits, de la connaissance de Dieu. Dieu: cet être craint, que personne n'a jamais rencontré, ce Dieu tout puissant qui doit s'ennuyer dans sa grandeur et sa solitude. Le koré compte 8 classes d’initiés et chacune à un emblème :

-        La 1ère société, karaw, par laquelle commence l’enseignement de la sagesse, a comme emblème une planchette sculptée terminée par un manche en bas. On distingue les karaw mâles et femelles. Les masques mâles portent une excroissance sur leur sommet symbolisant l’index, le médium et l’annulaire. Les masques féminins n’ont pas d’excroissance car l’esprit féminin est obscur, insaisissable et secret.

-        La 2ème société, nommée dyaraw est celle des lions. Elle possède 2 masques celui du lion mâle et celui de la lionne reconnaissable par sa plus petite taille. Il évoque la sagesse divine et la maîtrise des mouvements du danseur montre qu’il détient complètement la connaissance. Les dyaraw sont associés sur le plan social à l’aristocratie et à la noblesse qui contraint le peuple et les chefs de guerre, qui est arrogante et infatuée d'elle même. Le danseur s'avance en martellant le sol. Des chants sont chantés en son honneur "voici le fauve des brousses solitaires et ce fauve va violer toutes les lois!". "Ne le voyez-vous pas ce garand lion incapable de libéralités même envers les griots". "Même la hyène ne s'essai qu'avec d'infinies précautions à saisir le lion par la queue". Le lion est l'incarnation de l'arbitraire aveugle. Le lion est combattu par les chasseurs dont la société prône l'amour de son prochain, la défense des faibles, la fraternité.

-        La 3ème classe est celle des kurumaw. Elle ne possède pas de masque. Ses initiés se battent les flancs avec des plantes épineuses après s’être agenouillés. Cette mortification de la chair est une allusion à l’aspect pénible de la connaissance. Sur le plan social, ils sont comparés aux guerriers qui se sacrifient pour la communauté.

-        La 4ème classe est celle des dugaw ou des vautours. Comme eux, ils se montrent voraces et gloutons. Ils mangent de tout même des excrément démontrant par cet acte que la connaissance se trouve en toutes choses. Ils portent des parures féminines et même de faux seins et se comportent de façon bouffonne. Ils ont une grande liberté dans leurs paroles et gestes. Ils figurent la connaissance totale enivrée de satisfaction, de plaisir, de joie intérieure. Cette classe possède également le masque cheval. Le cheval symbolise la lutte de l’homme pour accéder à la connaissance et sa quête vers l’immortalité. Sur le plan social la classe des dugaw est assimilée aux femmes.

-        La 5ème classe est celle des tatugalaw ou allumeurs de feu. Leur emblème est une torche de paille. Elle symbolise la sagesse éclairante et les brulures ont une marque de purification. Sur le plan social cette classe est assimilée aux hommes célèbres.

-        La 6ème classe est celle des hyènes ou surukuw. Elle possède un masque en bois, allongé aux oreilles pointues. Les surukuw sont chargés de protéger l’enclos initiatique des curieux. Les masques hyènes sont très nombreux pouvant atteindre 80 par village. La hyène symbolise le savoir, la sagesse, la sciences des humains inférieurs à la sagesse divine évoquée par les lions et les bouffons. Ce masque particulier possède une gueule immense et l'on retrouve les caractéristiques classiques de la tête de la hyène mytique dons les traits sont exagérément renforcés: front bombé, deux très grandes oreilles, un nez long, deux yeux immenses, mâchoire légèrement écartée ou gueule béante, comme c'est le cas ici. Ces caractéristiques sont censées symboliser l'intelligence surnaturelle, la vigilence et vitalité permanentes, le flair et la vision acérée des choses et enfin son appétit démesuré pour l'apprentissage de la connaissance. L'individu Koré duga qui porte le masque de la hyène ne se prend pas au sérieux. dans sa danse il enfourche un bâton orné à son extrémité d'une tête de cheval et muni d'un sabre de bois et clame en substance que dans ce bas monde où l'on est animé par les passions tout est futilité et que l'homme se prend pour ce qu'il n'est pas: un maître ou un dieu.. Le masque hyène parodie le savant qui se bat contre la bétise humaine, qui n'épargne personne, même les plus puissants du monde.

-        La 7ème classe est celle des bisa-tigiw ou maîtres du fouet. L’emblème est un fouet. Les bisa-tigiw s’exhibent en se fouettant. Leur comportement est plein d’arrogance, il doit montrer qu’il est maître de lui et qu’il a la maîtrise de la parole, système de communication dans la société. Cette classe regroupe les mercenaires, dont sortent les héros.

-        La 8ème classe réunit les sulaw ou singes. Cette classe montre le chemin à suivre, depuis l’animalité jusqu’à la quête de l’homme pour approcher la divinité. Sur le plan social ils s’apparentent aux gens du commun.

Ces sociétés dirigées par quelques anciens ont un rôle éducatif, politique, économique, médical et exercent un contrôle social sur la communauté.

Dans le sud du pays bambara, ces associations sont mixes, mais l’initiation est plus courte et moins dure pour les femmes. L’initiation des hommes dure 7 ans et aboutit à leur mort et à leur renaissance symbolique. L’initiation se termine par de grandes fêtes masquées auxquelles participent les nouveaux initiés qui vont de village en village.

Les initiés sont divisés en groupes et les fils de forgerons dansent en présence de statues appelées jonyeleni. Ces statues féminines aux épaules larges et plates, ont des seins coniques projetés vers l’avant et sont posées sur des bases circulaires.

Dans les fêtes des sociétés et le rituel destiné à  la fécondité on exhibe des statues de femmes assises.

Il existe aussi des statues de musiciens et de guerriers portant des lances. Ces statues illustrent les qualités dont devront faire preuve les initiés : beauté, savoir, pouvoir. Chaque statue est expliquée aux initiés et est chargée de véhiculer la force vitale qui contribue à la cohésion du village.

Chaque société a ses propres masques, ses cimiers, ses marionnettes. Les masques apparaissent lors de fêtes : mariage, inauguration d’un marché… Avec l’aide de la musique, de la poésie et des histoires contées par les griots, ces fêtes sont à la fois des réjouissances et un moyen de célébrer les valeurs sociales Bambara. En dansant lors d’une fête un jeune a l’occasion de montrer son habileté et acquérir du prestige, mais il devra auparavant en demander l’autorisation auprès des anciens.

Le boli est un objet honoré et gardé dans le sanctuaire du village. Ses composants magiques sont cachés au centre d’un amalgame d’argile, de bois, d’écorce, de racines, de cornes, de mâchoires et/ou de métaux précieux. Souvent d’une forme proche de celle de l’hippopotame, il ne peut être manipulé que par le chef ou un dignitaire religieux.

L’organisation sociétale des Bambara

Les Bambara (Bamana) possèdent un culte des ancêtres et des sociétés initiatiques organisées par classes d’ages. Leur société est patrilinéaire et patrilocale.

L’autorité sociale et politique est assurée par de nombreuses entités sociales. Il existe par village un chef de terre, qui règle la répartition des sols à cultiver, et un chef politique qui s’occupe de l’organisation de la vie de ses concitoyens. Parfois, il s’agit de la même personne. Les Bambara (Bamana) sont répartis en régions contenant des villages placés sous l’autorité d’une famille, , descendant du fondateur, disposant de pouvoirs considérables et jouant un rôle prépondérant dans les rituels agraires.

La religion des Bambara

Les Bambara ont une cosmologie très complexe. La religion reconnait un être suprême Ngala (qui signifie Dieu). D’autres êtres spirituels se présentent comme les jumeaux mixtes des Dogon. Il y a un couple perturbateur avec Pemba (mâle) équivalent de Ogo chez les Bamana, et un couple réparateur : Bemba (mâle) équivalent de O nommo. Le monde est ainsi conçu comme un monde avec quatre jumeaux. Chaque jumeau évoque le feu, air, l’eau, la terre. Il existe aussi Faro, androgyne, maître du verbe et réorganisateur comme O nommo. Il se manifeste dans la pluie, l’arc en ciel, les éclairs, le tonnerre. Né de la salive de Ngala, Faro est à la fois sa parole et sa contrepartie visible. Faro qui est au cœur des croyances religieuses et de la cosmogonie des Bamana. Il créa à partir d’un couple de jumelles, le premier des Bamana, l’ancêtre primordial. Il est aussi à l’origine de l’ordre ; il a donné aux hommes la conscience, le sentiment de la justice et celui de la responsabilité. Il dirige leur destinée, porte attention au bon équilibre de la société comme il veille à l’exercice du travail.

Les Bambara (Bamana) ont un culte des ancêtres. Les vieillards sont les personnes les plus à même de créer un contact entre le monde des vivants et celui des morts. On offre aux ancêtres décédés des libations et des sacrifices afin de les rendre favorables à leurs descendances et leurs donner force, santé, vigueur.

Les Bambara ont une vénération pour les jumeaux, considérés comme étant une réplique de Faro. On considère qu’ils apportent le bonheur à leur famille en éloignant les puissances néfastes. Un autel leur est consacré sur lequel des sacrifices sont accomplis. Si un jumeau meurt une statuette lui est offerte représentant son jumeau ou sa jumelle. Chaque cadeau fait au survivant est répété au même instant à la statuette.

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