Art himalayen dossier de synthèse
Résumé de l'article : L’art « chamanique » himalayen des trésors méconnus !
L’art himalayen « chamanique » ou « populaire » plus « fort » que l’art africain ! Des moyens « minimalistes » pour un art expressionniste !
Dans l’art africain, il existe des canons esthétiques, propres à chaque pièce de chaque ethnie. Le sculpteur s’exprime dans un cadre imposé, apportant des touches personnelles grâce à son talent et sa vision du monde. Un type d’objet pourra être décliné à l’infini avec de subtiles variations.
Avec l’art himalayen il n’y a pas de modèle. Chaque objet, chaque masque, statue…est un éternel recommencement. La simplification des formes est souvent supérieure à celles de l’art africain. Formes audacieuses, dissymétrie, expressions puissantes et impressionnantes, impact visuel immédiat. Les masques et statues ont souvent un style expressionniste dû aux déformations et exagérations de certains traits caricaturaux qui leurs donnent un caractère inquiétant ou comique.
Art de l’Himalaya – Un art bipolaire. Deux types d’objets d’art, de cultures cohabitent dans cette région :
*Ceux produits par les deux grandes religions, bouddhique au nord du Népal et hindouiste au sud. Ces objets sont réalisés selon des canons esthétiques bien identifiés.
* Ceux relevant d’un art populaire, tribal, chamanique. L’inspiration et la réalisation sont laissées à l’imagination et la créativité du sculpteur. La qualité d’exécution est variable selon le talent du créateur. On ne connaît pas d’école stylistique qui permettent de classer et répertorier facilement les objets comme en Afrique.
Les créateurs des objets « chamaniques » et populaires. Ce ne sont pas des artistes professionnels mais juste des artisans de villages qui, tout en se référant à certaines traditions, n’hésitent pas à improviser en toute liberté selon leurs goûts ou leurs rêves. Ce peuvent être aussi des chamans. Pourquoi l’art himalayen « chamanique » ou « populaire » est-il si peu connu ? Peu de personnes connaissent l’art himalayen populaire et chamanique : éloignement, contrées peu accessibles, culture et esthétisme différents…
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Résumé de l'article : Thérapies, chamans et devins
Aucune maladie n’est considérée comme naturelle. Elle peut avoir été engendrée par une rupture d’harmonie, un esprit démoniaque ou encore une sorcière. Le chaman a recourt à la prière, à la danse et la transe, aux chants pour soigner. Il peut aussi commander la réalisation d’une statue pour soigner. Le chaman a une capacité à guérir, prévoir l’avenir, confectionner des objets de pouvoir et intervenir dans les mondes démoniaques.
Un homme devient chaman, suite à une maladie, une crise d’adolescence. Les rêves, hallucinations, accès de folie du futur chaman sont perçus par lui comme un signe envoyé par un esprit souhaitant devenir son guide.
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Résumé de l'article : Types et rôles des masques
Certains masques servent à la danse et peuvent terrifier ou faire rire. D’autres sont des portraits d’ancêtres. D’autres sont suspendus au dessus des porches des maisons ou dans les étables pour protéger le bétail, éloigner la déesse de la foudre.
Les masques d’ancêtre, souvent les plus anciens, participaient à des rites funéraires et chamaniques. Ils servent aussi dans des fêtes liées au calendrier, notamment agraire.
Les masques sont utilisés lors de danses ou de pièces mimées et font allusion aux traditions et/ou mythes de la tribu ou du village.
Les masques de bouffons sont les plus répandus. Ces masques ont une grande liberté d’exécution avec des figures stylisées aux traits exagérés. Ils servent à détendre l’atmosphère ou encore à faire passer des messages importants de façon dédramatisée. Les bouffons allient rire et obscénité dans un jeu qui mélange souvent le rire et la peur.
Le yogi est un masque très utilisé dans les fêtes des villages. C'est à la fois un bouffon et un personnage emprunt d'une sagesse paradoxale. C'est un individu à la fois sujet de moquerie et un personnage redouté. C'est un religieux errant qui a la prétention de vouloir enseigner la voie de l'illumination mais est tourné en dérision par sa maladresse. Ses connaissances laissent supposer un pouvoir magique d'où la crainte qu'il peut inspirer.
Parfois il est difficile de connaître la fonction, voire l’origine des masques tant on a peu d’informations à leur sujet.
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Résumé de l'article : Types et rôles des statues
La majorité des statues de bois, des figurines de bronze ou de fer de réalisation archaïques sont réalisées dans l’ouest du Népal, dans le pays des Khas.
Globalement ces statues sont très schématiques. La tête du personnage est réduite à un volume sphérique ou ovale, avec une section plate pour figurer le devant du visage. Les yeux et la bouche sont figurés par un trou carré. Les genoux sont en position verticale, repliés sur le devant du corps. Les coudes sont posés sur les genoux et les mains sont jointes en dessous du visage.
*Statues dédiées à l’accomplissement d’un vœu pour guérir, émis par un malade, suite à un diagnostique du devin. Elles représentent généralement une personne debout ou assise, les mains jointes comme en position de prière.
*Effigies de bois censées assurer la protection lors du franchissement des ponts précaires surplombant des abîmes. Ces statues monumentales sont le plus souvent figuratives et représentent des gardes, des soldats armés ou des cavaliers.
*Sculpture aux confluents des rivières et des routes. Ce sont des endroits où peuvent résider de mauvais esprits ou des démons et le rôle de ces effigies est de les repousser pour protéger les voyageurs.
*Génies protecteurs de fontaines ou de sources, constitués d’un personnage dont le bas ventre ou le pénis sont percés pour l’écoulement de l’eau et sont surmontés d’un buste et d’un visage.
*Statues aux 4 coins cardinaux d’une maison ou plantées sur la terre du toit. Leur rôle est de dissuader les esprits errants, parfois maléfiques, de s’attaquer aux habitants de la maison ou à leurs récoltes. Elles sont peu sophistiquées.
*Statues protectrices d’un champ cultivé notamment pour le riz.
*Sculpture de défunt en bronze reproduisant une caractéristique physique ou vestimentaire de la personne décédée.
*Le devin peut demander au forgeron de lui réaliser de petites statuettes en bronze ou en fer qui ornent, à titre d’offrande, le petit temple auquel il est attaché.
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Résumé de l'article : Phurbas et tambours
Les phurbas (dagues rituelles et d’exorcisme) de chaman.
C’est une sorte de poignard en bois dont la pointe est constituée d’une lame en forme de triangle qui possède le plus souvent au sommet de son manche 3 visages dont les formes sont proches des masques de la région des collines moyennes à laquelle il appartient. Parfois les trois visages sont remplacés par un autre motif : félin, oiseau, cavalier, personnage avec les mains jointes. Ils sont utilisés par les chamans guérisseurs en tant qu’outils thérapeutiques. Le phurba est appliqué sur différentes parties du corps du malade pour absorber les esprits malveillants.
Les tambours de chaman.
Il existe deux types de tambours de chaman, l’un uniface proche du tambour sibérien, l’autre à deux faces. Le tambour à deux faces est constitué de deux éléments : la caisse de résonnance en bois tendu de peau et un manche ressemblant à un phurba.
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Résumé de l'article : Régions, peuples. Les grandes zones de peuplement du Népal.
On peut définir trois grandes zones du sud au nord avec des ethnies aux langues, aux origines et aux religions différentes, qui cohabitent harmonieusement avec comme dénominateur commun le chamanisme qui plonge ses racines dans la préhistoire:
*La plaine du Teraï sous influence directe de l’hindouisme de la vallée du Gange.
*La zone des collines et des moyennes montagnes (Middle Hills) avec deux pôles l’un à l’ouest dans le bassin de la Kanali où vivent les Khas, l’autre à l’est avec les tributs apparentées aux Kirant.
- Les Kirant, à l’est, sont une population d’origine mongol et de langue thibeto-birmane. Cette population a pu préserver jusqu’au 20ème siècle ses croyances et modes de vie traditionnelles avec une pratique des chamans très pure.
- A l’ouest, dans le bassin de la Karnali, les Khas de souche indo-européenne, on eux aussi conservé des croyances et des pratiques ancestrales sous un vernis d’hindouisme.
- Au centre est de cette zone se trouve la vallée de Katmandou, cœur du Népal historique. Ici habitent les Néwar plutôt hindouistes et ou bouddhistes mais qui possèdent des caractéristiques de l’ancienne culture Kirant.
* Les hautes montagnes habitées par des tribus très imprégnées de culture tibétaine.
Les brassages de population ont été tels au cours des siècles qu’il n’existe aucune région du Népal qui soit habitée par une ethnie particulière. La culture originelle des groupes tribaux est difficile à définir tant elle a été l’objet de mélanges successifs.
Il est, de ce fait, souvent difficile d’attribuer un masque, une statue ou un objet à une ethnie précise.
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Résumé de l'article: Caractéristiques artistiques des principales régions du Népal
La plaine du Téraï et la bande des basses collines au sud du Népal
L’art de cette région est imprégné de culture hindoue. Il existe bien une dimension tribale dans la production artistique du nord et du sud du Népal, mais cette dernière est souvent superficielle par rapport aux styles dominants des deux grandes cultures du nord et du sud. La culture tribale n’a produit que des inflexions ou modifications par rapports aux deux styles dominants.
Même quand ils sont anciens, les masques de cette région sud et tropicale ne possèdent pas une patine noire épaisse et brillante comme dans les collines et moyennes montagnes et hautes montagnes. En effet ces masques ne sont pas gardés à l’intérieur de maisons closes et enfumées par le chauffage pour lutter contre la fraicheur du climat. Les masques sont utilisés pour s’attirer les faveurs des dieux, célébrer les ancêtres et les légendes.
La zone des collines et des moyennes montagnes.
C’est dans cette région que l’on trouve l’art himalayen le plus original et le plus surprenant avec une emprunte tribale forte. Tirant son inspiration des temps les plus reculés on est en présence d’un art influencé par le chamanisme. Les masques étaient portés lors de séances de guérison, d’ensorcellement et de suppression des ennemis, pour favoriser la chasse d’animaux. Les chamans népalais étaient des sculpteurs talentueux au vu des tambours et des dagues rituelles et d’exorcisme (phurbas) qu’ils ont pu réaliser. Ils ont pu sculpter aussi certains masques. Le chaman est une personne centrale dans le village. Il sait chasser les démons, guérir, favoriser le départ des morts dans l’au-delà, quand porter des masques et pourquoi.
La vallée de Katmandou
Située au centre des collines moyennes, la vallée de Katmandou est un point de convergence de nombreuses ethnies et cultures. C’est ici qu’habitent les Néwar, artistes talentueux et ethnie majoritaire de la région. Influences bouddhiste, hindouiste, voire chamaniste se mélangent dans cette vallée. Les festivités et danses hindouistes sont majoritaires.
Les masques des divinités sont de petites tailles soit en métal comme le cuivre et délicatement exécutés, soit en papier mâché avec des couleurs vives qui permettent d’identifier la divinité représentée et des couronnes de têtes de mort ou de fleurs.
Les hautes montagnes
Les ethnies bouddhistes des hautes montagnes ont subi l’influence du bouddhisme tibétain et mongol mais l’éloignement, accentué par les montagnes, a permis l’éclosion de styles différents selon les différentes régions du Népal et de l’Arunachal Pradesh qui se trouve à l’est du Bhutan.
* Les Botya.
On donne ce nom à divers groupes tribaux principalement bouddhistes, d’origine tibétaine qui se sont établis sur une bande de territoire au nord du Népal. Les Sherpa en font partie. Ces Botya pratiquent, en plus du lamaïsme, une forme de religion tribale chamanique.
* Les Sherpa à l’est près de l’Everest.
Les cérémonies ont lieu au début de l’hiver et sont l’occasion de spectacles grandioses et hilarants au cours desquels la doctrine bouddhiste est célébrée. Les sectes et religions rivales sont tournées en dérision par des clowns affublés de masques de bouffons.
* Les Nyingba à l’ouest du Népal.
Lors du festival du printemps de grandes fêtes sont organisées dans les villages. C’est l’occasion d’un défoulement populaire au cours desquels la religion et les institutions ne sont pas épargnées par les critiques. On assiste à des spectacles racontant la lutte du bien et du mal qui se terminent par la victoire des divinités bouddhiques. Les masques sont de qualités inégales et peuvent différer d’un village à l’autre.
* L’Arunachal Pradesh.
Ce territoire dépendait de Lassa jusqu’à l’invasion du Tibet par la Chine, date à laquelle il fut rattaché à l’Inde. Il est peuplé par des ethnies bouddhistes, les Monpa et les Sherdukpen. Ces tribus ont réalisé majoritairement dans le passé de magnifiques masques, parfaitement ciselés, à la finition très soignée. Ces masques sont en bois. Au cours des spectacles très élaborés apparaissent des masques de dieux, de princesses, de rois, de ministres, de femmes, de prêtres, de bouffons, de monstres, d’animaux divers…qui narrent les légendes locales.
Les masques peuvent être exposés comme des tableaux, participer à des danses monastiques, être utilisés au cours de fêtes villageoise. Enfin ils peuvent être utilisés dans un contexte domestique.
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